L’ONU suspend sa collaboration avec Caritas Centrafrique après une accusation d’ Abus sexuel

Bangui (© 2019 Afriquinfos)-Les organisations humanitaires de l’ONU ont annoncé lundi la suspension de leur collaboration en Centrafrique avec l’organisation catholique Caritas après l’ouverture d’une enquête pour abus sexuel sur mineurs contre son ancien secrétaire national dans ce pays qui est un  prêtre catholique belge.

« Les organisations humanitaires des Nations unies en Centrafrique ainsi que d’autres ONG, ont décidé de suspendre leur collaboration avec l’organisation Caritas » a déclaré lundi à l’AFP un responsable des Nations unies dans le pays.

Le père Luk Delft visé par cette enquête avait officié pendant deux ans à Kaga Bandoro, une ville située dans le nord du pays où les faits reprochés auraient été commis, avant d’être nommé en 2015 directeur national de Caritas.

Établie en Centrafrique depuis 1991, l’organisation catholique internationale Caritas y coordonne notamment des programmes de protection de l’enfance et d’assistance aux déplacés.

Les projets concernés par la suspension du partenariat avec les organisations des Nations unies incluent la gestion de camps de déplacés dans la préfecture de la Nana Grébizi, ainsi qu’un projet de sécurité alimentaire à Bambari, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Membre de la congrégation des salésiens, le père Luk Delft avait informé sa hiérarchie des allégations à son encontre après avoir reçu la visite d’une équipe de journalistes de la chaîne américaine CNN au début du mois de juin.

Alertée, la fondation Dignity, une structure créée par l’Eglise de Belgique pour lutter contre les abus sur mineurs, avait exigé le 26 juin dans un communiqué le « rappel immédiat du salésien concerné en Flandres », et la « suspension préventive de toutes ses missions comme prêtre pour toute la durée de l’enquête ».

En 2012, déjà, Luk Delft avait écopé à Gand de 18 mois de prison avec sursis pour des faits d’agression sexuelle remontant à 2001. Le prêtre avait alors été interdit d’exercer toute activité en lien avec des mineurs pendant 10 ans.

Le siège de l’organisation catholique a déclaré à l’AFP être « conscient des inquiétudes des donneurs internationaux et locaux sur les mesures de sécurité prises par Caritas Centrafrique ». « Nous sommes sûrs qu’il est possible de répondre à ces inquiétudes par l’aide que nous apporterons à cette branche locale de Caritas pour renforcer les mesures de sécurité et rétablir la confiance des bailleurs », a-t-il ajouté dans un e-mail.

AFP