Samuel Eto’o et Alexandre Song auditionnés par le conseil de discipline de la FECAFOOT

«L'audition de mon client s'est déroulée dans un cadre de convivialité et de respectabilité mutuelle. Au regard du code de discipline des sélections nationales, notamment l'article 13 retenu pour justifier l'infraction, nous avons indiqué que le terme mépris ne pouvait pas être retenu», a déclaré au sortir de l’audience, Me Sébastien Song, le conseil d'Alexandre Song Billong.

Dans une plainte adressée au conseil de discipline le 14 juin, le président de la FECAFOOT, Mohamed Iya, reproche à Alexandre Song son refus de serrer la main de son camarade et capitaine Samuel Eto'o Fils lors du stage préparatoire à Yaoundé au match des Lions indomptables contre les Lions de la Teranga.

 «Alexandre Song n'a, à aucun moment, eu un acte de mépris vis-à- vis de son capitaine, M. Samuel Eto'o. Il s'agit d'une charge émotionnelle conflictuelle. Ne pas dire bonjour à quelqu'un n'est pas une infraction, sauf si le règlement intérieur des équipes nationales le dit expressément», s'est défendu l'avocat du milieu de terrain de la sélection camerounaise et d'Arsenal, club du championnat de première division anglaise.

Samuel Eto'o quant à lui a été convoqué pour s'expliquer sur son opposition à la sortir de la pelouse d'Eric Choupo Moting, suite à un remplacement décidé par le coach, le technicien espagnol Javier Clemente. Le célèbre attaquant s'est présenté à son tour devant le jury pour une audition de près de deux heures d’horloge.

Refusant, comme son avocat de répondre aux questions des journalistes, Samuel Eto'o a ensuite quitté le siège de la FECAFOOT, escorté par une dizaine d'éléments de la police anti- émeute, munis de casques, d'armes à feu (pistolets automatiques et mitraillettes), de matraques et de bombes lacrymogènes.

Des dizaines, voire des centaines de fans sont venus lui apporter leur soutien. Plusieurs de ces personnes ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient écrits des messages de réconfort. On pouvait ainsi lire: «Merci papa Eto'o, courage», «papa Eto'o, tu nous donnes la joie tous les jours», ou encore «papa Eto'o, l’homme de la réconciliation et de la paix». 

Benoît Assou-Ekotto, troisième joueur convoqué, était absent. Mais, il a quand même fait parvenir un dossier médical à la FECAFOOT pour justifier son indisponibilité lors du match Cameroun- Sénégal. Une correspondance dans laquelle il évoque les problèmes, des dysfonctionnements et le manque de professionnalisme, etc., qui bloquent le fonctionnement de l'équipe nationale du Cameroun.

C'est aussi l'avis de Me Sébastien Song, qui considère l’audition des joueurs comme «un moment de rappel à l'ordre, un moment de responsabilisation et de pédagogie». Car, pour lui, «il est plus question de rassembler ces enfants, d'identifier les problèmes qui les mettent en conflit et de trouver des solutions afin que l'harmonie revienne au sein de l'équipe nationale».

Benoît Assou Ekotto est reproché de n'être pas venu faire constater sa blessure comme le recommande le règlement. En effet, même si le joueur est effectivement blessé, le règlement prévoit que son club le signifie à la fédération en joignant un rapport médical.

La commission d'homologation et de discipline a décidé de mettre le jugement en délibéré.

L'article 28 du règlement intérieur des sélections nationales de football, adopté le 14 août 2010, après la Coupe du monde manquée en Afrique du Sud, fixe un ensemble d'obligations et de droits pour joueurs et encadreurs, assorti d'une liste de 9 sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion définitive de la sélection nationale, l'interdiction d'exercer toute activité relative au football avec possibilité d'extension au niveau international, la mise en garde, le blâme, l'amende, la restitution de prime ou la suspension de match, etc.

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