Le gazoduc transsaharien remis au goût du jour grâce au Niger, l’Algérie et le Nigeria

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Abuja (© 2022 Afriquinfos)- le ministre nigérian de l’Energie, Timipre Sylva, son homologue du Niger, Mahamane Sani Mahamadou et celui de l’Algérie, Mohamed Arkab ont réitéré leur engagement en faveur du développement du gazoduc transsaharien.

Lors d’une deuxième réunion tripartite sur le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), tenue à Abuja ce lundi 20 juin 2022, les ministres de l’Énergie d’Algérie, du Nigeria et du Niger se sont mis d’accord pour  relancer le méga-chantier, d’une longueur de plus de 4. 000 km.

Selon un communiqué citant les déclarations du ministre algérien, Mohamed Arkab, il sera donc mise en place un groupe de travail pour actualiser l’étude de faisabilité de ce projet.

Mohamed Arkab a confirmé l’approbation des décisions de la précédente réunion tenue à Niamey, au Niger, le 16 février 2022 qui avait défini une feuille de route pour réaliser ce chantier.

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 » Cette démarche démontre la volonté des trois acteurs de redynamiser un projet ayant une dimension régionale et internationale, visant prioritairement le développement social et économique de nos pays« , a-t-il noté.

Le ministre algérien a rappelé que le TSGP inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme du NEPAD, « intervient dans un contexte géopolitique et énergétique particulier caractérisé par une forte demande en gaz et pétrole, d’une part, et une stagnation de l’offre due à une baisse des investissements, notamment dans le domaine de l’exploration pétrolière et gazière, amorcée depuis 2015« .

Ce gazoduc, souligne-t-il,  » est un exemple de la volonté de nos trois pays de mettre en place une infrastructure régionale d’envergure internationale« . « Ce qui est conforme à nos objectifs nationaux et à nos engagements internationaux en tant que pays engagés à réduire l’empreinte carbone et la sécurisation de l’approvisionnement en gaz naturel des marchés. Il est également considéré comme une nouvelle source d’approvisionnement face à une demande toujours croissante, compte tenu de la place que le gaz naturel occupera dans le mix énergétique à l’avenir« , a-t-il fait remarquer, insistant sur « l’apport de ce projet pour les trois pays en matière d’augmentation de leur capacité de production et d’exportation du gaz« .

Les avantages qu’offre le gazoduc transsaharien

Long de 4128 kilomètres, le gazoduc traversera dans un premier temps, les trois pays et pourrait interconnecter d’autres États comme le Tchad et le Mali. Le gazoduc transsaharien prendrait sa source au Nigeria et traverserait le Niger pour rejoindre la côte algérienne à des fins d’exportation vers l’Europe.

Selon Arkab, « la réactivation du projet TSGP intervient dans un contexte géopolitique et énergétique, notamment, marqué par une forte demande en gaz et en pétrole, d’une part, et par une stagnation de l’offre en raison de la baisse des investissements, notamment dans l’approvisionnement en pétrole et en gaz depuis 2015« . Il a également fait remarquer que le gazoduc pourrait « contribuer » à l’émergence d’un marché africain de l’énergie et stimuler le développement d’une industrie africaine indépendante.

Le document souligne que le TSGP « apportera des avantages significatifs au Niger. Avec plus de 34 milliards de mètres cubes de gaz, le Niger, à part entière, a le potentiel pour devenir un exportateur de gaz, et avec l’élargissement des liens énergétiques entre l’Europe et l’Afrique, le projet TSGP marquera une nouvelle ère de coopération régionale améliorée en Afrique, renforçant la monétisation et les exportations de gaz tout en augmentant les exportations du Niger vers l’Europe via l’Algérie ».

Avec ce projet aussi, le Niger « cherche à améliorer l’accès à l’électricité et à garantir l’abordabilité de l’énergie grâce à une exploitation accrue du gaz, l’initiative TSGP changera la donne ».

Selon les estimations financières faites lors du lancement initial du projet en 2009, le pipeline coûtera 10 milliards d’euros et aura une longueur de 4 128 kilomètres qui pourrait être achevée en trois ans. En outre, le TSGP pourra transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes par an, ce qui pourrait conduire à de nouvelles réserves de gaz.

Chargé de mettre à jour l’étude de faisabilité du projet, un comité de pilotage composé des trois ministres et directeurs généraux des compagnies pétrolières nationales (NOC) se réunira fin juillet 2022 à Alger pour discuter de la marche à suivre avec le projet TSGP.

Vignikpo Akpéné