5 mois après l’arrestation de Gbagbo, ses partisans tentent de sortir de l’ombre

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Plusieurs centaines de militants et sympathisants venus de différents secteurs se sont réunis dimanche sur une place publique à Kouassi, au sud d'Abidjan.

PREMIER MEETING SOUS OUATTARA

Pour nombre d'observateurs de la scène politique, le meeting de dimanche se présente comme une action d'éclat qui appuie les premières initiatives des pro-Gbagbo de sortir du silence.

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"La particularité de ce meeting c'est que c'est le premier rassemblement public des pro-Gbagbo sous le nouveau régime c'est-à- dire sous l'ère Ouattara", a fait remarquer Alain Godo, vice- responsable d'un syndicat estudiantin.

"Nous pensons que les meetings et les marches sont les moyens d’expression. M. Ouattara n'a pas dissous les partis politiques, cela veut dire qu'officiellement, on peut faire des meetings et des marches", a déclaré Michel Amani Nguessan, membre de la haute direction du FPI et ancien ministre de la Défense du régime Gbagbo.

"Nous allons nous opposer. Nous jouerons notre rôle d'opposant", a-t-il promis.

BRISER LA PEUR

Lors de ce meeting, les militants pro-Gbagbo se sont résolus à briser la peur. Plusieurs T shirts et pagnes à l'effigie de Gbagbo sont sortis des valises, des tiroirs et autres lieux de cachettes, et des chansons de propagande à la gloire de Gbagbo ont été entendues, pour la première fois depuis le 11 avril.

"J'avais caché tous mes T-shirts et mes pagnes portant la photo de Gbagbo à cause des représailles. Comme les militaires ont cessé de fouiller les maisons, je les ai récupérés et le suis contente de les porter aujourd'hui", s'est réjouie Nathalie Chiadon, militante pro-Gbagbo de Koumassi (sud d'Abidjan).

Pour sa part, l'initiateur de la manifestation, Jules Yao Yao, a exhorté tous les partisans de Gbagbo à vaincre la peur et à se mobiliser pour réclamer sa libération.

"Nous ne pouvons pas faire la réconciliation pendant que notre capitaine est en prison. Il faut que Gbagbo soit libéré pour occuper sa place", a-t-il noté en substance.

La détention de Laurent L'arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril par les forces pro-Ouattara avait plongé sa famille politique dans un mutisme.

Plusieurs cadres, leaders et militants du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) et de la majorité présidentielle (LMP, mouvement proche de Gbagbo) étaient tiraillés entre arrestations, assignation à résidence, exil extérieur et exil intérieur.

Ceux restés sur placé avaient choisi de se murer dans un silence voire une discrétion qui devrait leur éviter des représailles.

Les observateurs avaient toutefois pu noter des déclarations sporadiques de certains de ses proches par medias interposés.

Il s'agit notamment de son conseiller en Europe Alain Toussaint, de son porte-parole Koné Katina qui avaient dénoncé son arrestation et ses conditions de détention, et du secrétaire national à la communication du FPI Augustin Guehoun qui avait demandé que l'on tienne compte du statut d'ancien chef d'Etat de Laurent Gbagbo dans les suites judiciaires de la crise.

Une partie de la jeunesse pro-Gbagbo s'était également signalée dans le courant du mois de juin, en organisant une assemblée générale extraordinaire de la jeunesse du FPI (JFPI) sous la houlette de Justin Koua, devenu par la suite secrétaire national intérimaire en remplacement provisoire de Konaté Navigué parti en exil.

Celui-ci avait promis dans le futur des actions de mobilisation et de soutien au leader du parti et aux autres membres influents détenus.

Arrêtés depuis le 11 avril et placés en résidence surveillée, l’ancien chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et son épouse Simone ont été inculpés le 18 août par la justice ivoirienne pour crimes économiques.