Les pays ouest-africains invités à augmenter la taxe sur les produits du tabac

"La consommation de tabac ne connaît une diminution significative et continue que dans les pays qui ont adopté une politique d'augmentation forte et régulière des prix de vente des produits du tabac à travers un relèvement important des niveaux de taxes", a expliqué le directeur du Consortium pour la recherche économique et social (CRES), Abdoulaye Diagne.

Selon lui, dans les pays de l'espace CEDEAO, le total des taxes ne représente que 30% du prix moyen de vente des cigarettes alors que la convention-cadre de lutte contre le tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ratifiée par les 15 Etats membres de la CEDEAO, indique en son article 6 que ce taux doit être égal au moins 70%.

Le conseiller technique du ministre burkinabè de la Santé, Siaka Banon estime qu'une augmentation de 10% du prix du tabac suscite une baisse de la consommation de 4% dans les pays à revenu élevé et de 8% dans les pays à faible revenu ou revenu intermédiaire.

"L'augmentation des impôts indirects sur le tabac est considéré comme la mesure de lutte antitabac la plus rentable", a-t-il insisté.

Dans son rapport sur la santé de 2010, l'OMS indique qu'une augmentation de 50% des droits d'accise sur le tabac rapporterait un peu plus de 1,4 milliard de dollars US de fonds supplémentaires dans 22 pays à faible revenu.

"Si ces montants étaient alloués à la santé, les dépenses publiques de santé pourraient augmenter dans ces pays d'un pourcentage pouvant aller jusqu'à 50%", a affirmé M. Banon.

Selon une étude réalisée par le CRES, le nombre moyen de cigarettes qu'un fumeur régulier consomme par jour dans l'espace CEDEAO environ 12 bâtons et dépense alors en moyenne plus de 18 dollars US par mois.

Le CRES préconise, entre autres, un taxe plus élevé qui assure une hausse du prix de vente au détail, une suppression de la catégorisation des cigarettes, une baisse des quantités consommées et une augmentation des recettes fiscales. A cela s'ajoute l' adoption d' un "seuil plafond" de taxe de 45% pour l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et 100% pour la CEDEAO afin de réduire l'élan fiscal des pays qui sont déjà au- delà de ces seuils et limiter les possibilités des autres.

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