Le Maroc cherche à diversifier ses fournisseurs d’armes en se tournant vers la Russie

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     A en croire le rapport, le Maroc aurait reçu des systèmes de défense et des équipements militaires à la pointe de la technologie au cours des deux dernières années, sans qu'aucune information ne filtre sur les marchés de l'armement.

     Cherchant à diversifier ses fournisseurs d'armes, le Maroc aurait en effet manifesté son intérêt pour l'achat du sous-marin russe de classe AMUR 1650 fin 2013, pour renforcer sa présence dans les eaux du détroit de Gibraltar et de la mer d'Alboran. Une délégation de la marine royale marocaine s'était même rendue en Russie, où elle avait visité l'une des bases de sous-marins russes, pour en apprendre davantage sur le modèle choisi, dont le prix avoisine les 150 millions d'euros.

     Début mai dernier, Viktor Bondarev, le commandant en chef de l'Armée de l'air russe s'est entretenu à Marrakech avec le général de division aérienne marocain, Ahmed Boutaleb. Selon le site Chouftv, cette rencontre est une première depuis la rupture des négociations entre le Maroc et la Russie, il y a à peu près deux ans, au sujet de l'acquisition d'hélicoptères russes. Cela, selon Chouftv, confirme que la réunion entre les hauts-gradés marocain et russe vise à renforcer les liens militaires entre les deux pays.

     Une visite d'une délégation militaire marocaine à Moscou serait même prévue, en septembre prochain, à cet effet. La même source a indiqué que la réunion comprendra un comité militaire maroco-russe afin d'examiner les affaires militaires qui concernent les deux pays. La Russie veut ainsi revenir en force dans la région en armant des pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du nord. Ces pays étaient considérés jusque-là comme étant des alliés des Etats-Unis. Le document nous apprend également que des armements avaient quitté récemment la Russie à destination du Maroc, de l'Irak, de l'Egypte, du Soudan du Sud. L'objectif de la Russie à terme est de casser le monopole de Washington sur ces régions, qui étaient jusque-là une chasse gardée de l'administration américaine.

     Pour rappel, le gouvernement marocain a décidé d'augmenter le budget de la défense nationale, le faisant passer de 3,8 milliards de dollars en 2014 à 4,5 milliards de dollars en 2018, soit une augmentation de près de 18,5% en quatre ans. Pour les Russes, l'achat de l'AMUR 1650 s'inscrit dans le cadre du plan de modernisation de la marine marocaine. Lequel a commencé avec le lancement, en 2008, de la construction de la base navale de Ksar Sghir (nord du Maroc sur la côte méditerranéenne), et l'acquisition, en janvier dernier, de la frégate de fabrication française, multi-missions, baptisée Mohammed VI, et des trois corvettes néerlandaises de type SIGMA.

     Le Maroc se classe 3ème acheteur de matériels français pour l'année 2013. La frégate Mohammed VI, commandée pour 500 millions de dollars, le navire le plus puissant de la flotte marocaine, est apte à la lutte anti-sous-marine, à la lutte antiaérienne avec ses missiles Aster 15 et à la lutte antinavires avec ses missiles Exocet MM40. En février dernier, le Maroc aurait signé un contrat d'acquisition auprès de Thalès de deux satellites d'observation. Le contrat représenterait une somme de quelques 500 millions d'euros.