Kefalas au Maroc : Le roi d’Espagne est impuissant

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Une déception de plus pour ces familles qui essaient d’adopter des orphelins marocains, un pas de plus vers le découragement. Le système des kefalas au Maroc ressemble à une adoption standard, sauf que l’enfant doit être élevé selon la tradition musulmane et il doit garder son nom d’origine ; or, depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes modérés, les kefalas ont été complètement bloquées.

Pas moins de 62 familles se sont retrouvées face à un refus soudain d’avoir leur bébé, des bébés qui leur avait déjà été assignés depuis des années parfois, et dont ils s’occupaient déjà de loin en attendant la clôture du dossier. Ces bébés, pour beaucoup, sont déjà des enfants, et n’ont toujours pas de famille. Voulant résoudre la question avant la venue du roi d’Espagne, Mohammed VI a fait en sorte de débloquer les kefalas pour 26 familles espagnoles, qui ont reçu l’acceptation d’adoption. Cela s’annonçait bien…

Mais lundi, nouveau revers : le Maroc a fait savoir aux familles que les autorisations de sortie du territoire des enfants ne seraient pas acceptées, alors que ceux-ci sont déjà avec leurs nouveaux parents. La panique s’empare des familles, prisonnières en quelque sorte au Maroc, avec une vie et un travail qui les attend en Espagne.

Or le roi d’Espagne était justement cette semaine à Rabat : ni une ni deux, les parents de kafalas se sont réunis pour lui demander d’intercéder en leur faveur. « Vous êtes notre dernière chance », ont-ils supplié. Juan Carlos 1er a prêté une oreille attentive et compatissante, mais a avoué ne rien pouvoir faire. « C’est un problème judiciaire dans lequel nous ne pouvons pas intervenir », a-t-il déploré.

Le roi a encouragé les familles, les incitant à la patience. Quand on lui a répliqué que certains enfants avaient attendu presque deux ans avant de pouvoir retrouver leurs parents, il a répondu qu’il fallait sans doute encore s’attendre à de longs délais avant la résolution de l’affaire, mais qu’il fallait rester confiant.