Présidentielle sénégalaise : la campagne électorale marquée par une forte contestation de la candidature de Wade (SYNTHESE)

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Les candidats membres du mouvement des forces vives du 23 juin (M23, regroupant plusieurs partis politiques et des organisations de la société civile) font du retrait de la candidature de Wade un thème de campagne. Ils considèrent en effet la candidature de Wade comme un troisième mandat, après son élection en 2000 et sa réélection en 2007, parce que la constitution limite à deux le nombre de mandat.

Le Conseil constitutionnel, qui a été saisi, n'est de cet avis et a jugé que le premier mandat de Wade sous l'ancienne constitution, ne fait pas du décompte. Il a en conséquence, validé sa candidature malgré les pressions de l'opposition qui dénonce un « coup d'Etat constitutionnel ».

« C'est une campagne électorale inédite parce que habituellement lorsque qu'une campagne s'organise au Sénégal, tous les candidats s'occupent d'organiser leur manifestation sur le terrain. Mais pour cette fois, tous les candidats se battent pour que Wade retire sa candidature » déclare à Xinhua le candidat des socialistes, Ousmane Tanor Dieng, membre du M23.

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Dans leur déclaration de campagne à la télévision nationale, le mot d'ordre de ces candidats reste le même : « un scrutin présidentiel ne peut pas se tenir et ne se tiendra pas avec la candidature inconstitutionnelle de Wade ».

Le M23 mène aussi le combat sur le terrain en organisant des manifestations souvent interdites. C'est par exemple le cas ce mercredi 15 février : des affrontements sont notés à la place de l’indépendance (centre-ville) entre l'opposition qui voulait tenir une manifestation interdite et les forces de l'ordre. Vingt quatre heures auparavant, c'est un sit-in permanant contre la candidature de Wade, initié par Mouvement des rappeurs « Y'en a marre » qui a été interdit.

Saisie par les candidats du M23, la commission électorale nationale autonome (CENA), organe chargé de la supervision des élections condamne l'interdiction de ces manifestations. Dans une correspondance adressée au ministre sénégalais de l'intérieur, la CENA indique à l'attention du ministre que selon la loi, les réunions électorales qui se font pendant la campagne officielle électorale se tiennent librement sur l'ensemble du territoire national ». La seule exigence, selon la CENA, est qu'une déclaration écrite en soit faite au moins vingt-quatre (24) heures à l'avance à l’autorité compétente « qui en prend acte et informe le déclarant ». Justifiant sa décision, le ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom rappelle dans un communiqué avoir interdit toute manifestation au centre de la vile de Dakar en se fondant sur les lois régissant les manifestations sur la voie publique et relatives aux réunions. Loin de toute cette polémique qui agite surtout le landerneau dakarois, le président Abdoulaye Wade sillonne les régions de l'intérieur du pays. Son directeur de campagne, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, a affirmé lundi que la popularité du président sortant « reste intacte» et a prédit que son candidat sera élu dès le premier tour.