Burundi : l’arrestation et la condamnation de 4 journalistes fait réagir l’ONU

Bujumbura  (© 2020 Afriquinfos)- Des peines de prison fermes ont été prononcées en janvier dernier contre 4 journalistes burundais  arrêtés quatre mois plus tôt alors qu’ils allaient couvrir des affrontements dans le nord du pays. Selon des experts indépendants de l’ONU, les accusations portée contre eux ainsi que leur mise en détention sont fallacieuses et relèvent de la violation de la liberté d’expression.

L’affaire démarre en octobre 2019 quand Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi et Egide Harerimana, défenseurs des droits de l’homme et journalistes du média indépendant Iwacu, se rendaient dans la Province de Bubanza pour y couvrir des affrontements impliquant des forces de défense du Burundi et des membres du groupe rebelle Red-Tabara  Arrêtés et accusés de « complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Eta » qui sera requalifiée de « tentative impossible d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat », ils seront condamnés en janvier à à deux ans et demi de prison et à un million de francs burundais (environ 530 dollars).

Cette décision de la  justice burundaise est condamnée par des experts en droits de l’homme de l’ONU. « Nous sommes vivement préoccupés par le fait que les condamnations à des peines d’emprisonnement de Mme Kamikazi, Mme Ndirubusa, M. Mpozenzi et M. Harerimana aient été prononcées à l’issue d’une procédure qui ne semble pas avoir respecté les garanties du droit à un procès équitable. Ces condamnations semblent directement liées à leurs activités de journalistes. A défaut de respecter ces garanties essentielles, les journalistes doivent être libérés », ont déclaré ces derniers.

Les experts de l’ONU s’inquiètent à cet effet qu’à l’approche des élections prévues au Burundi entre mai et août 2020, l’espace démocratique et le droit à l’information soient de plus en plus restreints.  Pour eux, le lien entre ces condamnations et l’imminence des scrutins est avéré. « Le fait que les journalistes aient été condamnés à l’approche des élections alors qu’ils travaillent pour Iwacu, l’un des derniers médias indépendants du pays, pose des questions sur les motifs véritables du verdict prononcé », ont conclu les rapporteurs onusiens.  

Les lois pour les médias ont été particulièrement durcit au Burundi ces dernières années.

S.B.

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