Togo/Nouvelle Constitution: Une délégation de la CEDEAO à Lomé pour interagir avec les parties prenantes

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Abuja (© 2024 Afriquinfos)- Une délégation diplomatique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), déployée par Omar Alieu Touray (président de la Commission de la Cedeao), séjourne au Togo depuis ce lundi 15 avril et ce jusqu’au 20 avril 2024. Présente à Lomé « sur invitation en partie du Gouvernement Togolais », cette mission exploratoire aura pour tâche d’’’interagir’’ avec les principales parties prenantes sur l’adoption d’une nouvelle Constitution fin mars par les députés, a annoncé l’organisation ouest-africaine.

Face aux récentes décisions prises par le pouvoir de Lomé, notamment les changements constitutionnels ainsi que le report des élections, la mission vise à «interagir avec les principales parties prenantes sur les derniers développements dans le pays avant les élections législatives et régionales du 29 avril 2024», a indiqué la Cedeao dans un communiqué. Et de poursuivre : «La mission exploratoire, composée de sept membres, est dirigée par Maman Sambo Sidikou, ancien chef de la mission de l’Union africaine au Mali et au Sahel, en partie en réponse à une invitation du gouvernement togolais. Elle séjournera dans le pays du 15 au 20 avril», peut-on lire.

Initialement prévues le 13 avril, les élections législatives et régionales au Togo ont été reportées au 20 avril, puis au 29 avril en raison de la gravité des réformes constitutionnelles controversées que le gouvernement prévoyait d’introduire. Ces réformes adoptées par l’Assemblée nationale, visaient à transformer le système politique togolais du système présidentiel au modèle parlementaire. Selon les changements constitutionnels proposés, les membres du Parlement éliront le Président qui, à son tour, nommera le Président du Conseil des Ministres avec des pouvoirs exécutifs, l’équivalent d’un Premier Ministre dans le système de Westminster. Le président sera nommé au sein du parti ou de la coalition qui détient la majorité parlementaire.

Ce projet de nouvelle Constitution, qui ferait passer le Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire, agite le pays depuis son adoption en première lecture par les députés fin mars. Pour sa part, l’opposition togolaise y voit un moyen pour le président Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Deux journées de manifestations prévues par l’opposition et des groupes de la Société civile les 11, 12 et 13 avril dernier pour protester contre cette nouvelle Constitution n’ont pu avoir lieu, ayant été interdites par les autorités.

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L’opposition compte désormais sur les élections législatives et régionales du 29 avril, pour crier son mécontentement face aux dernières grandes décisions politiques au Togo. L’Assemblée Nationale est actuellement dominée par le parti au pouvoir l’Union pour la République (l’UNIR), les principaux partis d’opposition ayant boycotté les dernières élections législatives de 2018. Arrivé à la tête de l’Etat en mai 2005, le Président Faure Gnassingbé a été réélu dans des scrutins toujours contestés par l’opposition.

Vignikpo Akpéné