RDC : les listes des familles de détenus sont fausses d’après les familles

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Kinshasa (© Afriquinfos 2017)-Les familles des  dénoncé la fausse annonce, par le gouvernement, de la libération de 79 d’entre eux au titre de la « décrispation » exigée par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Alors que le parti de Vital Kamerhe a annoncé lundi son retrait du gouvernement en raison du « retard et la certitude de la non organisation des élections » dans les délais impartis par l’Accord de la Saint-Sylvestre, le Comité des familles des détenus politiques au Congo affirme qu’une autre obligation faite au gouvernement par cet accord n’a pas été respectée: la libération de détenus politiques comme mesure de « décrispation ».

L’Accord de la Saint-Sylvestre 2016 prolongeait d’un an au pouvoir le président Joseph Kabila – dont le dernier mandat constitutionnel est venu à échéance en décembre 2016 – en échange de l’organisation, avec l’opposition, des élections dues (obligation que le pouvoir n’a pas respectée jusqu’ici) et de mesures de « décrispation ».

Le 3 octobre dernier, le ministre de la Justice, Alexis Thambwé Mwamba, publiait un arrêté ordonnant la libération de 79 détenus. Selon le comité des familles de détenus politiques, cependant, il s’agit d’ »inconnus ». Qui plus est, ils « seraient des affiliés du rebelle sanguinaire Gédéon Kyungu, devenu membre de la Majorité présidentielle ».

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Gédéon Kyungu est un ancien membre des « Auto-défenses populaires » créées au Katanga par Kabila père et ensuite abandonnées à leur sort. Il est communément appelé Gédéon dans son Katanga natal, où il sema la terreur, entre 2002 et 2006, par d’horribles exactions contre des villageois de la région de Mitwaba – Manono – Kabala (connue depuis lors comme « le triangle de la mort »), notamment des actes de cannibalisme. Le 12 mai 2006, il s’était rendu aux casques bleus avec 200 hommes (dont des enfants-soldats); ils avaient été remis à la justice militaire congolaise qui, en mars 2009, avait condamné Gédéon à mort.

Mais en septembre 2011, il avait été libéré – avec quelque 900 autres détenus – par une attaque de la prison de la Kasapa que nombre d’organisations des droits de l’homme avaient jugée suspecte, notamment parce que les deux camps militaires proches de la prison n’avaient pas bougé le petit doigt. Début 2012, Gédéon avait repris ses violences dans le « triangle de la mort ».

Selon un rapport de la Commission Justice et Paix de Lubumbashi, il avait été nommé responsable de la sécurité pour la région de Mulongo par le général John Numbi – limogé de son poste de chef de la police pour avoir été impliqué dans le meurtre du défenseur des droits de l »homme Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur, en 2010, et resté très influent jusqu’à aujourd’hui dans l’appareil sécuritaire kabiliste.

V.A