Terrorisme & armées africaines: Paris va déployer des drones tactiques début 2017 en Centrafrique pour surveiler des bandes armées

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Dakar (© 2016 Afriquinfos) – Les armées africaines ont urgemment besoin de formation, d’entraînement et d’équipement pour tenir tête aux jihadistes qui les défient du Sahel à la Somalie, ont averti des responsables politiques et militaires au Forum sur la sécurité de Dakar.

«La vérité, c’est que dans la plupart de nos pays, nos armées ne sont pas au point», a reconnu le président sénégalais Macky Sall à l’ouverture du Forum.

En face, «les terroristes ne sont pas des enfants de chœur», a-t-il insisté. «Ils sont bien organisés. Ils disposent de moyens, de modes d’actions des plus rudimentaires aux plus sophistiqués pour exécuter leurs basses besognes», a dénoncé le chef de l’exécutif sénégalais.

La défense, parent pauvre des budgets africains, a payé le prix fort, selon lui, lors des ajustements imposés à des économies en faillite ou surendettées. Le besoin est d’autant plus criant que la menace jihadiste a fortement augmenté, notamment en Afrique de l’Ouest (frappée par plusieurs attentats d’envergure à Bamako, Grand-Bassam ou Ouagadougou) et où soldats et gendarmes sont régulièrement la cible d’attaques meurtrières.

Les armées africaines sont aussi engagées dans nombre d’opérations de maintien de la paix sur le continent, parfois périlleuses. Au Mali, la Minusma est ainsi devenue l’opération de l’Onu la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués en trois ans. Les armées africaines ont donc besoin de véhicules légers, d’hélicoptères, d’avions, de centres d’entraînement adaptés ainsi que de forces spéciales, dans des casernes mieux protégées, a énuméré le numéro un sénégalais.

Opter pour les drones et hélicoptères

Pour Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix de l’Onu, les nouvelles technologies sont moins coûteuses qu’il n’y paraît. «Les drones sont moins chers qu’un avion de patrouille», a-t-il souligné. «On ne gère plus la sécurité en étant sourd et aveugle. Il faut avoir tous les capteurs possibles», a-t-il proposé. Pour l’heure, ces moyens sont encore essentiellement internationaux. La France va ainsi déployer des drones tactiques au début 2017 en Centrafrique pour aider à la surveillance des bandes armées dans le cadre de la Minusca (force de l’Onu).

Les pays du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger) bénéficient aussi des drones et avions de reconnaissance de la force française Barkhane (4.000 hommes). La France plaide par ailleurs pour une plus forte implication de l’Union européenne dans le financement d’équipements non létaux (véhicules, gilets pare-balles, jumelles de vision nocturne..) à destination des armées africaines.

L’Union européenne (UE) assure actuellement la formation de soldats au Mali et en Centrafrique, et doit mettre en place un programme d’équipements d’ici le sommet UE-Afrique de la fin 2017 à Abidjan.

«Il ne suffit pas de former. Si on sort un bataillon après formation et qu’il n’a pas d’équipement, l’effort de formation lui-même devient caduc», a expliqué le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La France a formé de son côté 20.000 soldats africains en 2016, notamment depuis ses bases militaires de Dakar et Abidjan, et va mettre en place un plan de cession de matériels, a en outre promis M. Le Drian.

Innocente Nice