Cher président, « les citoyens de ce pays sont en colère »

Afriquinfos Editeur
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Le 7 mai, jour des élections générales en Afrique du Sud, un jeune sud-africain a écrit une lettre ouverte au président, Jacob Zuma. Anticipant la victoire de l’ANC et sa réélection, il lui demande à l’issu de son argumentaire d’ « écoute[r] [son] peuple [et de] démissionne[r] ! ».

Si les revendications de ce sud-africain sont les mêmes que celles qui se sont faites entendre durant toute la campagne présidentielle, la forme utilisée pour les faire entendre est une grande nouveauté. Il était à l’initial peu probable que cette lettre arrive entre les mains du président. Cependant, sa qualité lui a permis d’être publiée dans certains médias, comme Courier International, lui donnant ainsi un écho plus important.

Son rédacteur commence par expliquer qu’il aime la politique et qu’il est fier des 20 années de démocratie de son pays. Puis, il marque une rupture affirmant que  « c'est cependant le cœur brisé et habité d'une profonde frustration que je vous écris cette lettre. » et entre dans le vif du sujet. Il aborde les thématiques qui lui tiennent à cœur, comme le chômage et le coût de la vie, se basant tant sur les chiffres officiels que sur son expérience personnelle. Il ne nie en aucun cas les progrès accomplis par le gouvernement en termes d’emploi mais les nuance : « S'il y a de quoi être fier, monsieur le Président, j'ai malgré tout l'impression que la situation est sur le point de devenir insoutenable. »

Vient ensuite un paragraphe qui mêle tristesse et indignation : « Ce qui me brise le cœur aussi, ce sont les allégations selon lesquelles vous auriez dépensé plus de 200 millions de rands [14,5 millions d'euros] pour rénover votre domicile privé. », « Je ne veux pas croire que vous avez rénové Nkandla sans considérer l'état des services publics qui, aujourd'hui plus que jamais, ont besoin d'être améliorés. »

A l’issu de son argumentaire, ce jeune sud-africain affirme que le peuple est en colère. Il explique au président qu’il ne veut pas que, comme en Egypte, la violence soit nécessaire pour que le peuple puisse gouverner le pays. Selon lui, de tels évènements empêcheraient le pays de continuer d’aller de l’avant et de progresser.

C’est pourquoi il conclut par une demande, presque une supplication : « Ecoutez votre peuple, démissionnez ! »

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