Vers le dégel de la crise sociale

ecapital
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Au terme de plusieurs semaines de négociations difficiles, les grévistes ont obtenu une augmentation de salaire de 25 % qui prend effet à partir de cette année 2011 pour les agents du ministère des Finances. Cet avantage financier de 25 % est échelonné sur trois ans pour les autres fonctionnaires de l'Etat, à raison de 5% pour cette année 2011, 5% pour 2012, 5% pour 2013 et 10 % au cours de l'année 2014.

Tenant compte de cet accord, la redoutable fédération des syndicats des travailleurs du ministère des Finances a suspendu son mouvement de grève et appelé les travailleurs à reprendre service jeudi.  

En fait, cette augmentation de 25% qui porte sur le coefficient de l'indice de base de calculs des salaires, était déjà accordé, en avril dernier, aux seuls agents du ministère des Finances après plus de huit mois de grève qui coûté des milliards de manque à gagner à l'Etat. Mais, en juin dernier, la cour constitutionnelle du pays a invalidé la mesure de revalorisation, la jugeant discriminatoire vis-à-vis des autres fonctionnaires qui sont régis par la même loi que les travailleurs du ministère des finances.

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La décision de la haute juridiction fait également état de risque de compromettre les engagement internationaux du Bénin, notamment des critères de convergence de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) qui limite à 35 % le taux de la masse salariale par rapport à l'ensemble des charges de l'Etat. Ce ratio est déjà largement dépassé. Il est estimé à 45 % sans tenir des nouvelles mesures de revalorisation des salaires.

En exécution de cette décision de la Cour constitutionnelle, le gouvernement a annulé le décret qui porte revalorisation au profit des seuls travailleurs du ministère des Finances. Ce qui a amené les agents de ce ministère, qui dénoncent la remise en cause d'un " droit acquis", à renouer avec les mouvements de grève de 72 heures toutes les semaines. Les autres fonctionnaires, réunis au sein de la coalition des syndicats de l'administration publique, ont poursuivi une grève déclenchée depuis début juin dernier, pour obtenir le  même niveau de revalorisation  de leur salaire.

L'administration publique, les régies financières de l'Etat, notamment  la douane, les services des impôts  et le Trésor public ont, en juillet dernier, connu plusieurs jours de paralysie qui ont contraint le gouvernement à inviter les syndicats grévistes à des négociations conduites par le Premier ministre, Pascal Irénée Koupaki.  

Le chef de l'Etat, Boni Yayi, confronté à une première crise depuis sa réélection controversée, en mars dernier, a tenu à obtenir au terme de cet accord, une trêve sociale qui interdit tous autres mouvements de grève au sein de l'administration durant son second mandat.

Les termes de l'accord auquel les parties sont parvenues sont validés par le gouvernement réuni en conseil des ministres le week end dernier. Il reste qu'une nouvelle rencontre soit convoquée par le gouvernement pour la signature de cet accord qui mettra fin à un bras de fer qui aura coûté plusieurs milliards de F.cfa de manque à gagner à l'Etat béninois.