Le Bénin vante sa riche Culture pour la première fois à la ‘Biennale de Venise’

Afriquinfos Editeur
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TOPSHOT - A woman cleans the floor at France's pavilion hosting artworks by French artist Julien Creuzet during the pre-opening of the Venice Biennale art show, on April 16, 2024 in Venice. - RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY MENTION OF THE ARTIST UPON PUBLICATION - TO ILLUSTRATE THE EVENT AS SPECIFIED IN THE CAPTION (Photo by GABRIEL BOUYS / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY MENTION OF THE ARTIST UPON PUBLICATION - TO ILLUSTRATE THE EVENT AS SPECIFIED IN THE CAPTION

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Venise (© 2024 Afriquinfos)- Le Bénin fait sa toute première entrée à la ‘Biennale d’arts contemporains de Venise’ avec ses propres pavillons. Pour cette 60ème édition de l’événement ouvert ce 20 avril 2024, ce pays d’Afrique de l’ouest est représenté par quatre de ses artistes de différentes générations. Et une exposition intitulées «Tout ce qui est précieux est fragile».

L’exposition explore l’histoire riche du Bénin, de la traite négrière aux Amazones, en passant par la spiritualité vaudou, le tout analysé à travers le prisme du féminisme béninois et de l’art contemporain africain. Les quatre artistes sélectionnés pour représenter le pays à Venise sont: Romuald Hazoumè, figure de proue des artistes béninois. Il expose en compagnie de Moufouli Bello et Ishola Akpo et de l’artiste franco-béninoise Chloé Quenum. Ils abordent quatre thèmes centraux: la femme amazone ou Agojie, la traite des esclaves, la philosophie Gèlèdé et la religion Vaudou.

Ces thèmes sont particulièrement pertinents dans le contexte des développements récents du pays. Ainsi, la religion indigène Vaudou, qui a été largement considérée comme taboue depuis la colonisation, revient en grâce, explique le Nigerian Romuald Hazoumè. Il considère que cette réhabilitation doit beaucoup à l’action du gouvernement en faveur du patrimoine béninois et de sa promotion.

Cette première participation du Bénin à la ‘Biennale de Venise’ s’inscrit dans la dynamique entreprise par le Gouvernement pour la valorisation de la création contemporaine béninoise, et plus largement dans la politique culturelle orchestrée par le Président Patrice Talon marquée par la restitution des trésors royaux du Bénin en 2021, et l’exposition diptyque qui s’en est suivie. ‘’Venise, c’est le lieu où il y’a la crème des crèmes de l’art contemporain, et quand un pays du monde décide de prendre un pavillon, ce n’est pas une petite décision. Celle-ci est motivée par une volonté politique’’, a laissé entendre Yacine Lassissi, co-commissaire du pavillon béninois.

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800 mille euros ont été débloqués pour permettre au Bénin d’être aux premières loges de ce grand évènement. ‘’Il y’a une vision très claire qui a été annoncée dès 2016 par le Président Talon. Nous n’avons ni or ni argent, mais nous avons un patrimoine à la fois du passé, surtout du présent à montrer au monde et des moyens formidables ont été mis à disposition’’, apprécie José Piya (délégué générale du pavillon béninois). Le Bénin est en pleine renaissance artistique. Sa nouvelle politique culturelle, se traduisant par quatre nouveaux projets de Musées qui doivent ouvrir dans les cinq prochaines années, ainsi que par l’investissement dans l’éducation et la formation artistiques et la restitution d’objets patrimoniaux, s’inscrit dans une démarche plus globale du Président du pays, Patrice Talon, et de son Gouvernement. Elle vise à faire des Arts le «deuxième pilier» de l’économie, après l’agriculture.

La restitution par la France, en 2022, de 26 pièces issues du royaume du Dahomey emportés dans l’Hexagone a également donné au Gouvernement béninois «l’élan» nécessaire pour revitaliser le patrimoine culturel et l’identité du pays, selon la commissaire associée du Pavillon du Bénin, Yassine Lassissi. Cet élan permet au Bénin de participer pour la première fois à la ‘Biennale de Venise’.

Vignikpo Akpéné