30 ans du génocide rwandais: P. Kagame concède que des défis de développement attendent encore son pays

Afriquinfos Editeur
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Kigali (© 2024 Afriquinfos)- Le peuple Rwandais a commémoré les 30 ans du génocide des Tutsis dimanche à Kigali. Dans son discours, de circonstance, le président rwandais a exécuté un devoir de mémoire de ce passé douloureux, mais aussi, a-t-il appelé tous les fils et filles du pays à œuvrer pour un Rwanda plus développé.

’Il y a une appropriation de ce que nous voulons faire, même si nous travaillons avec d’autres. Les progrès considérables de notre pays sont évidents, et ils sont le résultat des choix que nous avons faits ensemble pour ressusciter notre nation. Il y a encore beaucoup de choses que le pays doit faire plus, mieux, tout le temps. Mais nous avons bien progressé« , a martelé le dirigeant rwandais dans son discours prononcé lors de la cérémonie marquant les commémorations du 30e anniversaire du génocide des Tutsis.

Lors de la cérémonie qui a duré un peu plus de deux heures, dans le stade de BK Arena, et ce en présence de milliers de personnes dont de nombreuses personnalités internationales, Paul Kagamé a déclaré ceci :

’Aujourd’hui, nos cœurs sont remplis, à mesure égale, par la tristesse et la reconnaissance. Nous nous souvenons de nos morts mais nous sommes aussi heureux de voir ce que le Rwanda a pu devenir. Aux survivants qui sont ici, nous avons une dette envers vous. Nous vous avons demandé l’impossible : de porter le poids de la réconciliation sur vos épaules et de continuer de le faire pour notre nation’’.

Et de poursuivre : ‘’Notre voyage a été long et difficile. Le Rwanda a été profondément humilié, par l’amplitude de nos pertes, et les leçons que nous avons apprises sont gravées dans le sang. Mais les progrès formidables réalisés par notre pays sont évidents et ils sont le résultat des choix que nous avons faits pour ressusciter notre nation avec, comme fondation essentielle, la notion d’unité. Désormais, nous avons une responsabilité les uns vis-à-vis des autres. Aujourd’hui, nous ressentons aussi une reconnaissance particulière pour nos amis venus du monde entier et qui sont présents ici avec nous. Certains pays représentés, aujourd’hui, ont envoyé leurs fils et leurs filles lors de missions de maintien de la paix au Rwanda. C’est la communauté internationale qui nous a tous trahi, que ce soit par mépris ou lâcheté’’, a déclaré le président rwandais, Paul Kagame.

L’inertie de la communauté internationale

« C’est la communauté internationale qui nous a tous laissé tomber, que ce soit par mépris ou par lâcheté« , a déclaré Paul Kagame lors de son  discours donné devant plusieurs milliers de personnes à la BK Arena.

Il aura fallu « attendre le 8 juin 1994, deux mois après le début des massacres, pour que les Nations unies parlent enfin d’actes de génocide », a déclaré le ministre rwandais de l’Unité nationale et de l’engagement civique, Jean-Damascene Bizimana.

« Personne, personne, pas même l’Union africaine (UA), ne saurait se disculper de son inaction face à la chronique d’un génocide annoncé. Ayons le courage de le reconnaître, et de l’assumer« , a également affirmé le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.

La cérémonie s’est déroulée en présence de milliers de personnes dont de nombreuses personnalités internationales et a duré un peu plus de deux heures dans le stade de BK Arena.

Cinq mille invités dont plus d’une trentaine de chefs d’État, de gouvernement, d’anciens présidents ou encore de représentants d’organisations internationales étaient tous réunis autour de cette scène noire avec, en son centre, un grand arbre de lumière.

Au total Une demi-douzaine de discours ont été prononcés, ponctués par des performances artistiques ainsi que des prises de parole tournées autour de la mémoire.

Le président Paul Kagame a allumé la flamme du souvenir, au mémorial de Guisozi, au matin de ce dimanche 7 avril, pour lancer les commémorations du 30e anniversaire du génocide des Tutsis, avant la cérémonie officielle.  

Vignikpo Akpéné