Production cotonnière en Afrique: ADO augmente de 6% le prix d’achat du coton afin de stimuler la production nationale

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Abidjan (Afriquinfos, 2016)Le 3ème producteur africain de coton en Afrique traverse une période difficile. Pour la campagne 2016, sa production  a baissé de 31%. L’annonce a été faite ce mercredi par le Gouvernement ivoirien qui a pris une mesure incitative pour relever le secteur. Il s’agit d’augmenter de 6%  le prix d’achat du coton afin de stimuler la production chez  les agriculteurs.

«Les résultats sont jugés globalement insuffisants. Cette campagne 2015-2016 a été caractérisée par une baisse de la production de coton graine à 310.000 tonnes contre 450.000 tonnes de l’année précédente», signale Bruno Koné, le Porte-parole du gouvernement. Les autorités ivoiriennes expliquent cette baisse de production par les facteurs climatiques et la régression des surfaces cultivables. Elles indiquent également d’autres facteurs: «Nous notons également une baisse du nombre de producteurs qui est passé de 121.305 à 113.532».

«Le prix pratiqué au cours de cette campagne s’élevait à 250 FCFA (38 centimes d’euros) le kg (…); tout cela a amené le gouvernement à prendre la décision importante qui consiste à fixer (le prix, ndlr) pour la campagne 2016-2017 à 265 FCFA (40 centimes d’euros) pour le kg de coton , soit une augmentation de 6%», fait observer le Porte-parole qui reste toute de même optimiste par rapport à la série de mesures qui viennent d’être prises. «Le gouvernement a bon espoir que ce relèvement permettra de relancer la production, de remobiliser (…) et d’augmenter le nombre de producteurs, et d’augmenter la superficie mise en production», espère Bruno Koné.

«Notre pays  ambitionne toujours de figurer parmi les principaux pays producteurs de coton en Afrique (…). D’autres mesures d’accompagnement sont prises», détaille très confiant le membre du gouvernement ivoirien. En effet, certains indicateurs lui permettent de voir l’horizon dégagé et augurer des lendemains meilleurs dans le secteur agricole. Déjà, les signes annonciateurs se font voir dans les productions de cacao et de la noix de cajou dans lesquelles le pays est respectivement premier et deuxième au niveau mondial.

L’embellie en marche

La Côte d’Ivoire a toujours tiré des bénéfices exceptionnels de la production du cacao.  Le pays détient 35% du marché mondial des fèves de cacao. Il détient même des records historiques comme la période 2010-2011.

Des résultats agricoles qui ont amené certains observateurs du secteur agricole à affirmer que la Côte d’Ivoire tire les bénéfices de sa politique de modernisation de l’agriculture et surtout dans son effort de rendre ses produits compétitifs sur le marché mondial. Des réalisations qui seraient plus visibles sous la gouvernance d’Alassane Ouattara qui a insufflé un nouveau souffle au secteur. Toutefois, la cherté de la vie est le talon d’Achille de cette politique agricole. Les agriculteurs ne profitent pas encore de la vente de leurs récoltes. Tant les produits deviennent chers sur les marchés.

Selon la Banque mondiale, en Côte d’ivoire, l’agriculture représente 22% du PIB ivoirien, plus de 50% des recettes d’exportation, et surtout est la source des deux tiers d’emplois et de revenus de la population.

 Anani  GALLEY