L’Algérie réaffirme sa position "constante" sur la crise libyenne basée sur une "stratégie de paix"

ecapital
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"L'Algérie a prôné dès le début de la crise en Libye un dialogue inclusif avec la participation de toutes les parties afin d'aboutir à un règlement politique pacifique de cette crise, tout en respectant sa position constante de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un pays", a indiqué M. Messahel sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale algérienne.

Il a souligné que l'Algérie, en tant que pays voisin, était " interpellée par la situation en Libye et ne peut être indifférente à ce qui s'y passe", tout en œuvrant dans le cadre de la légalité internationale et en s'en tenant strictement au principe de non-ingérence.

Tout en rappelant que l'Algérie appuyait la feuille de route de l'Union africaine (UA), élaborée en mars dernier, M. Messahel a souligné que les chefs d'Etat et de gouvernement africains, réunis dernièrement en Guinée Equatoriale dans le cadre du 17ème Sommet de l'UA,  avaient adopté l'accord-cadre établi sur la base de cette feuille de route par le Comité ad hoc de haut niveau sur la crise libyenne.

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Le 17ème Sommet de l'UA avait identifié les différentes étapes devant mener à un cessez-le-feu puis à la mise sur pied d'un gouvernement intérimaire devant organiser des élections en Libye.

Selon M. Messahel, son pays avait "dès le départ, apporté son appui à la feuille de route de l'UA et sa contribution à son amélioration à travers des idées qui figurent actuellement dans cette initiative, notamment concernant le point sur la vérification du cessez-le-feu".

Il a affirmé que son pays était "définitivement engagée à soutenir cette feuille de route" et que la "démarche africaine était basée sur la recherche de solutions politiques au conflit libyen".

Sur une question relative au rejet de cette feuille de route par le Conseil National de Transition libyen, M. Messahel a indiqué que les déclarations faites par des responsables de ce conseil, à plusieurs niveaux, avaient prouvé que cette feuille de route était "un pas extrêmement important dans la convergence des vues et que tout le monde la trouvait intéressante".

"La feuille de route de l'UA est la seule, élaborée, qui existe pour le moment", a-t-il soutenu.

Sur la question de la prolifération des armes hors contrôle en Libye et sa menace sur l'Algérie, M. Messahel a souligné que cette prolifération "constituait avant tout une menace pour le peuple libyen" et que "pour faire face à cet état de fait, les efforts et la coopération de tous les pays de la région sont nécessaires", a- t-il dit.

M. Messahel est revenu à l'occasion sur la conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans les pays du Sahel africain qu'abritera à Alger, les 7 et 8 septembre prochains.

En plus des Etats du Sahel, les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU participeront à cette conférence, aux côtés des Etats riverains dont, entre autres, la France, l'Italie, l’Espagne et la Hollande, a précisé le ministre algérien.

L'Union européenne et d'autres puissances internationales seront conviées au rendez-vous d'Alger, tout comme des centres internationaux spécialisés, à l'image du Centre international de la lutte contre le terrorisme et le Centre de Genève de lutte contre le trafic de drogue, a indiqué le ministre.

Il a encore fait état de la participation des bailleurs de fonds traditionnels dans la région comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement et les fonds arabes.

La conférence doit traiter de trois grands thèmes: la lutte contre le terrorisme, la coordination autour du crime organisé et le développement dans les pays de la région, pauvres et enclavés.

Les pays du Sahel "font face à une triple menace: le terrorisme, le crime organisé et le sous-développement", a indiqué M. Messahel.

Il a par ailleurs fait état de la tenue à Alger, à la mi-juillet, d'une réunion du comité transfrontalier algéro-malien et d'une réunion de la grande commission mixte algéro-nigérienne en septembre prochain, pour faire le point de la coopération anti- terroriste sous régionale qui existe déjà entre les "pays du champ " concernés par le problème (Algérie, Niger, Mali, Mauritanie).

M. Messahel a d'autre part réitéré la position de l'Algérie contre tout paiement de rançons, conformément à la résolution africaine de juillet 2009 condamnant le versement de rançons à des terroristes, et à la résolution 1904 du Conseil de sécurité de l'ONU assimilant le paiement de rançons au financement du terrorisme.

Il s'est félicité de la présidence algérienne du Groupe des 77 et la Chine, en 2012. L'Algérie représentera, à ce titre, le groupe des pays africains dans les différentes conventions des mécanismes onusiens.  

L'Algérie, qui a présidé le groupe africain au sommet de Copenhague consacré aux changements climatiques, est aussi appelée, a-t-il dit, à représenter les pays du continent à la conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio+20) qui doit se dérouler en 2012, vingt ans après la conférence de Rio de Janeiro sur l'environnement.