Guinée: les dissensions entre pouvoir et opposition s’exacerbent au niveau du dialogue politique

Afriquinfos Editeur
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Vendredi dernier, les travaux du dialogue inclusif ont été suspendus. Une pose survenue à la demande du comité de médiation qui devait rencontrer la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour lui soumettre une nouvelle doléance portant sur le report de la reprise de ses activités opérationnelles, celles-ci devaient en effet démarrer le 10 février.

La CENI a de nouveau accédé à la demande, en décidant de repousser la reprise de ses activités opérationnelles jusqu'au 16 février. Il conviendrait de rappeler que c'est le troisième report de la reprise des activités opérationnelles de la CENI.

C'est le comité de facilitation qui avait suggéré à cette institution d'organisation des élections en Guinée de sursoir à ses activités pour permettre le bon démarrage des travaux de concertation. Car l'opposition faisait de la suspension des activités de la CENI un de ses préalables à toute participation au dialogue.

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Cela avait donc conduit la CENI à suspendre ses activités le 6 janvier, ce pour deux semaines. Mais, le 19 janvier dernier, le comité de facilitation est revenu plaider en faveur d'un autre délai supplémentaire afin de permettre au comité "d'avancer dans le travail substantiel mis en œuvre pour rapprocher toutes les parties des solutions consensuelles aux nombreuses questions à l'examen''. Ce qui a amené la CENI à renoncer à la reprise de ses travaux annoncée pour le 23 janvier, appelant ses commissaires à se préparer pour ce 10 février.

Une reprise qui n'a pas non plus eu lieu vendredi, vu que le comité de facilitation était revenu à la charge, demandant à la CENI de remettre ça pour le 16 février. De quoi provoquer le courroux de la mouvance présidentielle, qui trouve que "ces reports'' risqueraient de porter préjudice à la bonne organisation des élections législatives et qu'il fallait laisser la CENI exercer ses activités, a appris Xinhua sur place.

Au cours de ce dialogue, la restructuration de la CENI est une question qui divise ainsi que celle de la révision des listes électorales. Ainsi le Front d'union pour la démocratie et le progrès (FDP), une frange de l'opposition guinéenne présente à ces travaux de concertation, tient au départ "des commissaires qui ont le plus défrayé la chronique, ceux qui ont été au centre des plus graves controverses, ceux dont la moralité a été publiquement mise en cause dans des procès, doivent quitter l'institution pour être remplacés par les structures qui les ont désignés'', plaide le FDP dans une déclaration rendue publique vendredi.

Il s'agit de Loucény Camara (Mouvement social) et Elhadj Boubakar Diallo (UFDG). Le Front précise cependant que "ce départ qui ne constitue pas un jugement de valeur sur ces deux personnes doit se faire dans l'honneur''. Un avis que ne semble pas partager le camp de la mouvance qui trouve qu'une restructuration en profondeur de la CENI pourrait prendre plus de temps, compromettant ainsi la tenue des élections dans les meilleurs délais.

Pour leur part, l'Alliance pour la démocratie et le progrès et le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition pensent que la refonte de la CENI s'avère "nécessaire'' pour aller à des élections "justes et transparentes''.

A propos de la révision des listes électorales, si la mouvance présidentielle ne trouve pas à redire que des cartes d'identité biométriques soient distribuées à des citoyens lors de cette opération, dont la date de démarrage n'a pas encore été fixée, l'opposition émet des réserves à ce sujet et craint que cela ne donne lieu à des "fraudes'' consistant à un "gonflement du nombre d'électeurs dans des zones favorables'' au pouvoir.

Le dialogue se poursuit donc en Guinée sur fond de quiproquos.