Vue militaire: Les USA discutent désormais pied à pied avec l’AES au détriment de Paris 

Le haut responsable du Bureau des affaires africaines au Département d'Etat américain, Nick Checker, en visite de travail à Ouagadougou, a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de relancer leurs relations avec le Burkina Faso.

Afriquinfos Editeur
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Vue militaire: Les USA discutent désormais pied à pied avec les Etats de l'AES au détriment de Paris 
Nick Checker (photo, DR).

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos)- Le haut responsable du Bureau des affaires africaines au Département d’Etat américain, Nick Checker, en visite de travail à Ouagadougou, a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de relancer leurs relations avec le Burkina Faso. Et de travailler ensemble sur des questions d’intérêt commun.

A travers cette visite, Washington entend relancer le dialogue et favoriser un réchauffement des relations de coopération avec le Burkina Faso, dans le respect de la souveraineté du pays, a indiqué ce 13 mars le ministère burkinabè des Affaires étrangères, dans un communiqué.

A l’issue d’une audience avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, le diplomate américain a qualifié les échanges de « très constructifs« . « Nous avons discuté de notre volonté de relancer les relations entre les Etats-Unis et le Burkina Faso et de travailler ensemble sur des questions d’intérêt partagé », a-t-il dit.

Dans cette nouvelle dynamique, les domaines de coopération envisagés concernent « la lutte contre le terrorisme, y compris la levée de la suspension des exportations d’équipements militaires vers le Burkina Faso, ainsi que le développement de la coopération économique et des échanges commerciaux entre les deux pays ».

Le  nouveau «Monsieur Sahel» de Washington poursuit ainsi une tournée stratégique dans une région où les relations diplomatiques avec les États-Unis se sont considérablement distendues depuis fin 2023.

Ce déplacement marque ainsi une tentative de réengagement pragmatique des États-Unis auprès des régimes sahéliens, sans rompre totalement avec leurs lignes diplomatiques traditionnelles.

Dès sa nomination le 6 janvier 2026 à la tête du Bureau des affaires africaines du Département d’État américain, Nick Checker s’était déjà rendu à Bamako début février 2026 pour une visite officielle à forte portée politique. À Bamako, il s’est entretenu avec des cadres du ministère des Affaires étrangères ainsi qu’avec des responsables militaires et sécuritaires maliens.

Objectif affiché: renouer le dialogue avec les autorités de Transition au Mali, mais aussi au Niger et au Burkina Faso, trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), en froid avec plusieurs partenaires occidentaux. Après cette visite, Washington a levé des sanctions visant plusieurs responsables maliens. Des discussions ont également été engagées sur une possible reprise des vols de drones américains au-dessus du territoire malien, et sur le retour d’une base américaine dans ce pays.

Nick Checker sera au Niger après Ouagadougou. S’il se présente officiellement comme un diplomate, son passé au sein de la CIA n’est pas passé inaperçu. Washington assume toutefois ce profil, estimant qu’il peut faciliter des discussions sensibles, notamment sur les questions sécuritaires.

Selon une source diplomatique américaine, des coopérations ciblées en matière de renseignement et des opérations ponctuelles contre les groupes armés terroristes pourraient être envisagées avec les pays de l’AES.

V. A.