Thèse complotiste occidentale et diversifiée de nouveau brandie contre la Transition malienne

Yann Vezilier accusé de travailler pour les services de renseignement français au Mali

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture
Thèse complotiste occidentale et diversifiée de nouveau brandie contre la Transition malienne
Assimi Goïta le 12 aout 2025 à Bamako (photo, DR).
Highlights

BAMAKO (© 2025 Afriquinfos)- La Transition malienne a mis ce 14 aout des noms et fourni des détails sur ses accusations formulées depuis plusieurs jours à l’encontre de présumés auteurs d’une énième tentative de coup d’Etat !

La France est de nouveau dans le collimateur des Autorités maliennes de la Transition qui ont rompu depuis fin 2022 avec l’ex-puissance coloniale, en exigeant le départ des contingents de l’Opération Barkhane. Ce 14 aout, Bamako a encore fait de Paris la cheville-ouvrière tapie dans l’ombre d’une nouvelle tentative de putsch contre l’actuel exécutif malien.

Thèse complotiste occidentale et diversifiée de nouveau brandie contre la Transition malienne
Assimi Goïta (d) et son Premier ministre Abdoulaye Maïga (photo, DR).

Le pouvoir d’Assimi Goïta a ainsi détaillé, sur ORTM (chaîne publique) ce 14 aout 2025 avoirdéjoué «un complot subversif et arrêté un groupe d’éléments marginaux des Forces armées et de sécurité, impliqués dans des infractions pénales visant à déstabiliser les institutions de la République». Et de lier cette tentative subversive à «un ressortissant français, Yann Vezilier, travaillant pour les services de renseignement français», et à d’autres puissances occidentales non citées clairement.

La Justice malienne indique à l’appui que Yann Vezilier aurait «encouragé certains responsables politiques, militaires et acteurs de la Société civile à participer à des activités subversives».

Le détail du chef d’inculpation opposé à ces présumés déstabilisateurs mentionne sans ambages que «ces militaires et civils ont tenté, avec l’aide de certains Etats étrangers, de compromettre le processus de refondation du Mali, alors que la Nation malienne, unie dans toutes ses composantes, est mobilisée pour consolider sa souveraineté retrouvée et éradiquer les forces terroristes de la région du Sahel».

Détails d’une accusation grave !

Toutes les arrestations opérées dans le cadre de cette nouvelle procédure judiciaire enclenchée sous la Transition malienne renseignent qu’elles ont été «effectuées le 1er août». Les personnes inculpées, de l’avis de la Justice malienne, ont «tenté, avec l’aide de certains Etats étrangers, de compromettre le processus de refondation du Mali» et la dynamique de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) qui l’accompagne.

La tentative présumée de renversement de pouvoir à Bamako porte par ailleurs des noms comme leads. Les titres et photos de 11 suspects dont les «généraux de brigade Abbas Dembélé et Néma Sagara» ont été clairement cités par l’accusation officielle.

Selon la rhétorique habituelle des Etats en pareille circonstance, les Autorités transitoires du Mali ont «condamné ces actes sus-décrits, et assuré que les enquêtes judiciaires se poursuivent pour identifier d’autres éventuels complices».

Par ailleurs, la Transition malienne précise que la situation est «désormais totalement sous contrôle, appelant la population à rester calme et à garder toute sa vigilance face aux tentatives de déstabilisation».

 La durée de la Transition au Mali est désormais, depuis le 1er semestre 2025, alignée sur celle des deux autres Etats du Sahel central (Burkina Faso et Niger), avec la possibilité d’être reconduite selon les besoins sécuritaires du pays qui a pour mantra «recouvrer l’intégrité territoriale et éliminer le terrorisme».

GGKE