Pretoria (© 2026 Afriquinfos)- En Afrique du Sud, dire que l’arène politique est milieu dangereux, n’est pas qu’un jeu de mots. Alors que des élections municipales sont prévues dans le pays le 4 novembre 2026, on dénombre de nombreux assassinats de candidats et de militants des partis en lice. Si les derniers en date, ont eu lieu les lundi et mardi derniers, ce sont une trentaine d’assassinats qui ont été enregistrés à travers le pays depuis le début de l’année. Des réseaux mafieux qui souhaitent contrôler les conseillers municipaux et alimenter leurs réseaux d’extorsion, seraient à l’origine de cette vague meurtrière.
Pour faire de la politique en Afrique du Sud, il faut en plus de savoir convaincre l’électorat, fréquemment surveiller ses arrières. Le pays dénombre une forte augmentation d’assassinats politiques à l’approche des élections municipales programmées pour le 4 novembre 2026. En début de semaine, ce sont deux candidats de l’Inkatha Freedom Party (IFP) qui ont été abattus par balles devant leurs domiciles.
Ces deux dernières victimes, s’ajoutent à une titre bilan qui a cours depuis le début de l’année 2026. Ce sont près d’une trentaine de responsables politiques, candidats et militants qui ont assassinés à travers le pays dans le cadre des rivalités préélectorales. La province du KwaZulu-Natal concentre à elle seule plus de la moitié de ces assassinats politiques, suivie par la province du Gauteng et certains quartiers du Cap-Occidental. Face à cette situation, certaines municipalités du pays, ont placé leurs conseillers municipaux sous protection policière et d’autres en des « lieux sûrs ».
Au-delà de la rivalité politique, des intérêts financiers se cachent derrière ces violences meurtrières. Une étude citée par Corruption Watch explique ces pics d’assassinats politiques par la forte concurrence pour les postes au sein des administrations locales et l’accès aux finances municipales. Elle a identifié le « factionnalisme, le mercantilisme et la concurrence pour l’accès aux ressources publiques à des fins personnelles » comme facteurs à l’origine des assassinats politiques. En effet devenir conseiller municipal, permet outre l’accès aux budgets municipaux, d’influencer l’attribution des contrats publics et des emplois locaux.
Des réseaux criminels qui souhaitent contrôler cette manne financière, procèdent donc à des menaces et à l’intimidation des candidats ou des conseillers municipaux qui briguent pour une réélection. En cas de refus, ces derniers sont assassinés.
Selon des observateurs, élections locales de 2026 en Afrique du Sud sont celles qui ont le plus fort potentiel d’être celles où l’on comptera le plus grand nombre de morts. Deuxièmement, celles où l’on touchera des personnes de tous horizons. Des membres de l’ANC, de l’IPF, de l’EFF, de la DA ou de la BOSA, ont déjà trouvés la mort, dans ce contexte. Entre 2000 et 2023, près de 500 assassinats politiques ont été enregistrés en Afrique du Sud, selon l’observatoire Global Initiative Against Transnational Organized Crime.
Boniface T.



