OIT: Valeurs et ambitions portant la candidature de Gilbert Houngbo pour un dernier mandat à la tête de l’organisation

Afriquinfos Editeur
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Le Togolais Gilbert Houngbo (DR-Gilbert Houngbo )

OIT: Valeurs et ambitions portant la candidature de Gilbert Houngbo pour un dernier mandat à la tête de l’organisation

Genève (© 2026 Afriquinfos)- Le Togolais Gilbert Houngbo est candidat à sa propre succession à la tête de l’Organisation internationale du travail (OIT). Son premier mandat, entamé en octobre 2022, prendra fin en novembre 2027. L’élection du prochain Directeur Général est prévue le 16 novembre 2026.

Élu en mars 2022, l’ancien Premier Ministre togolais souhaite rempiler pour un second mandat à la tête de l’institution, lors  du scrutin prévu pour le 16 novembre 2026. Pour ce 2ème mandat, Gilbert Houngbo ambitionne de façonner une organisation internationale du travail résiliente, inclusive et à fort impact pour un monde en pleine évolution

Au cœur de cette transformation se trouve un principe fondamental : le lien entre la croissance économique, la création d’emplois et la protection des travailleurs – afin de garantir que la croissance se traduise en travail décent et en amélioration de conditions de vie pour les travailleurs, tout en créant un environnement propice au développement des entreprises, à l’investissement et à la création d’emplois.

’Nous continuerons à moderniser notre corpus normatif – en supprimant progressivement ce qui est obsolète, en garantissant une protection renforcée là où des gaps persistent, en évitant les charges réglementaires non nécessaires et en favorisant la clarté et l’adaptabilité’’, a-t-il déclaré dans sa déclaration de candidature.

Et de poursuivre : ‘’Nous renforcerons les institutions nationales – en donnant plus de moyens aux syndicats et en renforçant le dialogue social, tout en soutenant également les organisations d’employeurs, les administrations du travail, y compris les systèmes d’inspection du travail, afin de favoriser des relations de travail stables et fructueuses’’.

L’OIT n’est pas une agence humanitaire. ‘’Cependant, les conséquences des crises soulèvent souvent des défis majeurs en matière de travail et d’emploi. Des situations récentes ont mis en évidence des domaines préoccupants où l’expertise de l’Organisation est essentielle, comme le cas des travailleurs marins bloqués en mer en raison d’un conflit ou des travailleurs migrants perdant leur emploi à la suite de circonstances de force majeure’’, a-t-il souligné.

’Dans ce contexte, j’ai l’intention de renforcer la capacité de réaction de l’OIT pour soutenir ses mandants dans de telles situations, en garantissant une assistance rapide, ciblée et conforme à son mandat. Nous veillerons à ce que l’OIT fonctionne comme une organisation mondiale plus attentive aux réalités régionales tout en restant ancrée dans des principes universels’’, a-t-il également expliqué.

’Les gains d’efficacité opérationnelle offerts par l’IA, ainsi que notre futur Centre de services mondial restent des éléments clés du programme de réforme. Parallèlement, nous veillerons à ce que le recrutement se fonde sur le mérite et à ce qu’il y ait une représentation géographique équitable et un équilibre entre les sexes à tous les niveaux’’, renseigne le même document.

Selon l’ex-Chef de gouvernement, ‘’les prochains mois seront marqués par un engagement accru de l’OIT dans le processus « UN80 », notamment en ce qui concerne la réorganisation régionale des Nations Unies, la reconfiguration des bureaux de pays, les modèles « d’expertise des agences spécialisées à la demande » et les services communs. Nous restons attentifs à la plus grande force de l’OIT : son personnel. Dans un contexte d’incertitude financière et de contraintes budgétaires, nous agirons avec responsabilité, transparence et attention, en nous fondant sur la consultation, l’équité et le respect total des procédures’’.

Le candidat a assuré que ‘’la priorité sera au redéploiement, à la reconversion et à la mobilité afin de préserver les capacités institutionnelles et l’expertise. Si des décisions plus difficiles s’avèrent nécessaires, elles seront prises dans le respect de la dignité et avec un soutien approprié, en préservant toujours le mérite, l’équilibre géographique et entre les sexes’’.

Premier Africain à diriger l’Organisation internationale du travail

Gilbert Houngbo, premier Africain à diriger l’Organisation internationale du travail, a officiellement annoncé sa candidature pour un nouveau mandat. Il sera opposé à l’Espagnole Yolanda Díaz, ministre du Travail de son pays, et au Péruvien Javier González-Olaechea, ministre des Affaires étrangères.

L’élection doit se tenir le 16 novembre 2026 pour un mandat de cinq ans, qui débutera le 1er octobre 2027. Il s’agirait, selon les règles de l’organisation, du dernier mandat auquel le Togolais pourrait prétendre.

Dans sa déclaration de candidature, Gilbert Houngbo met en avant plusieurs actions menées depuis son arrivée à la tête de l’OIT. Il cite notamment le renforcement du rôle normatif de l’organisation et l’adoption de nouveaux instruments dans des domaines tels que la santé et la sécurité au travail ainsi que l’apprentissage.

Le responsable affirme également avoir engagé une modernisation du système de supervision de l’OIT, avec notamment une accélération de l’examen des normes et une simplification du processus de soumission des rapports périodiques.

Parmi les autres sujets mis en avant figurent la discrimination sur le lieu de travail, le droit de grève et la gouvernance de l’organisation. Pour un éventuel second mandat, Gilbert Houngbo souhaite notamment renforcer la capacité de réaction de l’OIT et son adaptation aux réalités régionales.

La candidature bénéficie du soutien de l’État togolais. Dans une lettre adressée au Conseil d’administration de l’OIT, Lomé met en avant l’expérience de Gilbert Houngbo dans le domaine du développement international.

Avant de prendre la direction de l’OIT en 2022, le Togolais a présidé le Fonds international de développement agricole (FIDA) de 2017 à 2022. Il avait auparavant occupé le poste de Premier ministre du Togo entre 2008 et 2012.

Son parcours comprend également plusieurs années au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), où il a exercé différentes responsabilités entre 1996 et 2008, ainsi qu’une première expérience au sein de l’OIT entre 2013 et 2017.

V.A.