Le Caire (© 2025 Afriquinfos)- Convoquée par le Président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour discuter de la «Défense du multilatéralisme», une réunion des BRICS par visio-conférence s’est tenue le lundi 8 septembre dernier. Le Président égyptien Abdel Fattah Al- Sissi a adressé un discours aux dirigeants de ces pays. Sortie dans laquelle il a parlé d’opportunités économiques et de renforcement de la coopération entre son pays et ce bloc, mais aussi de l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Notamment ce qu’il considère comme une «guerre brutale menée par Israël contre le peuple frère palestinien de la bande de Gaza», en utilisant les «formes les plus odieuses d’assassinats et de terrorisme».
Abdel Fattah al-Sissi a réitéré le soutien de son pays pour relancer la solution à deux États et à reconnaître le droit du peuple palestinien à établir son État indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Abdel Fattah al-Sissi a, d’entrée, adressé ses remerciements au Président brésilien Lula da Silva pour avoir convoqué «cette importante réunion afin d’échanger nos points de vue à un moment critique, alors que le monde est confronté à des conflits qui menacent l’action internationale multilatérale voire le système de fondements, de règles et de principes sur lesquels repose le système international depuis 1945».
Le dirigeant égyptien a ensuite fait l’état de la situation socio-politique mondiale: «La scène internationale actuelle est enlisée dans un deux poids, deux mesures et une violation flagrante du droit international, sans la moindre préoccupation ni obligation de rendre des comptes, dans un contexte d’impunité systématique et d’une escalade inquiétante de l’unilatéralisme et des mesures protectionnistes», a-t-il constaté.
Pour lui, ce «déclin», a fait en sorte que les «crises se soient aggravées, que les conflits et les guerres aient éclaté et que des crimes horribles, assassinats et destructions, aient été commis, une tache qui restera indélébile, hantant ceux dont les mains sont souillées. Cette dégradation de la réalité a affaibli l’efficacité de l’action internationale commune et limité la capacité des États et des institutions internationales à répondre aux questions urgentes qui exigent les plus hauts niveaux de coordination et de coopération».
Abdel Fattah al-Sissi se réjouit à cet effet de l’existence des BRICS en tant que «Forum international émergeant, qui progresse progressivement vers la consolidation d’une coopération constructive entre ses pays, fondée sur les principes du bénéfice et du respect mutuels, et le renforcement de l’action multilatérale. Dans ce contexte, notre réunion d’aujourd’hui revêt une importance exceptionnelle, offrant une occasion privilégiée de consultation et d’échange de vues sur les moyens d’approfondir l’intégration entre nos pays et de coordonner les efforts pour atténuer l’impact des crises actuelles», a-t-il déclaré. Il a souhaité un renforcement de la coopération entre les pays du Bloc, le lancement de projets communs, un règlement réglant des transactions commerciales et financières entre nos pays en monnaies locales, afin de réformer l’architecture financière mondiale et résoudre le problème de la dette, soutenir l’octroi d’un espace financier aux pays en développement et leur accès aux financements concessionnels.
«Ces défis économiques auxquels notre monde est confronté aujourd’hui sont indissociables de l’escalade des tensions géopolitiques», a déclaré Abdel Fattah al-Sissi pour entamer la seconde partie de son discours à ce bloc de pays émergents comprenant notamment le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite et l’Indonésie.
Là, il a déploré «la guerre brutale menée par Israël contre le peuple frère palestinien de la bande de Gaza se poursuit, parallèlement aux violations flagrantes commises par l’occupation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem, dans l’un des conflits les plus dangereux et les plus révélateurs de la politique du deux poids, deux mesures et des violations du droit international. Depuis près de deux ans, Israël pratique les formes les plus odieuses assassinats et terrorisme, utilisant la famine et le déni des services de santé comme arme contre les civils, provoquant une catastrophe humanitaire sans précédent, culminant avec la déclaration de l’état de famine par les Nations Unies dans la bande de Gaza».
Al-Sissi a de nouveau réaffirmé «la position ferme de l’Égypte, qui rejette catégoriquement tout scénario visant à déplacer les Palestiniens de leurs terres, sous n’importe quel prétexte que ce soit, il s’agit d’une tentative de liquider la cause palestinienne, de contrecarrer la solution à deux États, d’élargir le conflit et de menacer le processus de paix au Moyen-Orient».
Le dirigeant égyptien réitère également la condamnation et le rejet catégorique de l’Égypte des tentatives d’imposer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie et des projets de construction de nouvelles colonies visant à modifier le statut juridique et démographique des territoires palestiniens occupés et à imposer un fait accompli qui porte atteinte au droit du peuple palestinien à établir son État indépendant».
L’Égypte poursuivra ses efforts pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat, assurer l’acheminement des aides humanitaires et libérer les otages et les prisonniers, ouvrant ainsi la voie au lancement, dès demain, des arrangements pour la gestion et la reconstruction de la bande de Gaza. Abdel Fattah al-Sissi a annoncé que son pays avait élaboré un plan global de relèvement et de reconstruction rapides de Gaza, qui a reçu l’approbation arabe et islamique et un large soutien des partenaires internationaux.
Mais ce plan n’est «possible tant que les Palestiniens restent sur leurs terres», a martelé le numéro 1 égyptien. Il a appelé les pays du BRICS «à soutenir les efforts en cours pour relancer la solution à deux États et à reconnaître le droit du peuple palestinien à établir son État indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, ce qui consolidera la paix et la stabilité au Moyen-Orient et dans le monde, de manière juste et durable».
Tout en «exhortant à renforcer notre action collective et à intensifier la coordination entre nos pays, afin de relever les défis actuels de manière responsable et consciente, et de progresser vers la réalisation de nos priorités communes et des objectifs convenus dans le cadre de cette réunion, d’une manière qui répond aux aspirations de nos peuples à la prospérité, au développement durable et à une vie digne dans un monde plus juste et plus équilibré».
Boniface T.



