Nouveaux flux géant de migrants vers Ceuta ces derniers jours, d’où proviennent-ils?  

Afriquinfos Editeur
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Des migrants provenant du Maroc (DR-Rfi)

Ceuta (© 2026 Afriquinfos)- Des dizaines de milliers de personnes, des jeunes hommes et des adolescents dans leur immense majorité, ont soudainement rejoint par la mer, jeudi, depuis le Maroc, l’enclave espagnole située sur continent africain.

Alors qu’environ 1 500 entrées illégales de migrants avaient été observées depuis une dizaine de jours à Ceuta, le flux s’est soudainement accéléré, jeudi 30 juillet, avec l’arrivée par la mer de milliers de personnes, de jeunes hommes et des adolescents dans leur immense majorité, Marocains pour la plupart.

A environ 15 kilomètres de Fnideq, localité marocaine jouxtant Ceuta, la route était encombrée par des véhicules transportant des jeunes, dont des mineurs, se dirigeant vers la ville espagnole, a constaté un correspondant de l’AFP. D’autres groupes marchaient le long de la route avant d’emprunter des chemins secondaires afin d’éviter les barrages de la gendarmerie.

Ils ont fui vers l’Europe pieds nus, en slip ou en maillot de bain, certains à la nage, d’autres sur des bouées ressemblant à des pneus. Passé la digue qui sépare les faubourgs de la ville marocaine de Fnideq de la plage de Ceuta, ils ont couru vers le centre de l’enclave espagnole, levant les bras aux cris de ‘’Viva España’’ !

Les arrivées se sont poursuivies dans la nuit. Au moins 18 d’entre eux sont morts par noyade, a déclaré ce vendredi 31 juillet, le ministère espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, évaluant à ​près de 50 000 le nombre de migrants ayant franchi la frontière au ‌cours des dernières 24 heures. Il s’est rendu sur place, vendredi matin, aux côtés du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.

Il s’agit de la plus importante arrivée de migrants depuis la grande crise de mai 2021, lors de laquelle plus de 10 000 personnes avaient réussi à passer en deux jours la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec le continent africain avec Melilla, l’autre enclave.

Le gouvernement espagnol a annoncé que des soldats seraient déployés pour garantir la sécurité sur ce territoire de la côte nord de l’Afrique. Si leur nombre n’a pas été précisé, la Garde civile sera renforcée par l’envoi de 70 agents, qui s’ajouteront aux 80 déjà présents sur place, et des équipes de plongeurs ainsi que des navires des garde-côtes seront envoyés.

Dénonçant des « images choquantes » venues de Ceuta, la Cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a dit jeudi vouloir suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, après une déclaration similaire du ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.

Le Ministre espagnol des Affaires Etrangères José Luis Albares a ensuite critiqué un message « inapproprié » de la part « d’un pays partenaire et ami dont nous attendons une solidarité européenne et non une démagogie partisane » et convoqué l’ambassadeur d’Italie à Madrid.

Son homologue de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé qu’il se rendrait à Ceuta vendredi « pour suivre l’évolution de la situation » et rencontrer les autorités locales, saluant aussi la « coopération exemplaire » avec le Maroc.

Un retour vers le Marco ‘’dès que possible’’

Les deux pays mettront en œuvre « des mesures pour le transfert » vers le Maroc « dès que possible, de toutes les personnes qui sont entrées illégalement à Ceuta« , a-t-il ajouté.

Mais l’opposition espagnole s’est emparée du sujet. Alberto Núñez Feijóo, le leader du Parti populaire, parti d’opposition de droite, a ainsi dénoncé « une situation désespérée » et « une crise de sécurité nationale« .

Ceuta, ainsi que l’autre enclave espagnole de Melilla et le rocher de Peñón Vélez de la Gomera, plus à l’est, constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le continent africain.

Il n’a pas été possible d’obtenir dans l’immédiat de commentaire des autorités marocaines au sujet de ces événements.

En 2021, plus de 10.000 migrants avaient atteint Ceuta depuis le Maroc voisin en deux jours, à la faveur d’un relâchement des contrôles par Rabat, sur fond de crise entre les deux pays au sujet de l’accueil en Espagne pour y être soigné du Chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Cette crise diplomatique a pris fin en 2022 avec le revirement de Madrid en faveur du plan marocain sur le Sahara occidental, après des décennies de neutralité. Ce soutien avait entraîné une brouille diplomatique entre Madrid et Alger.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est toutefois rendu à Alger le 20 juillet, la première visite en quatre ans d’un chef du gouvernement espagnol, concrétisant ainsi un réchauffement des relations avec l’Algérie.

Mais les relations entre Madrid et Rabat « n’ont pas été affectées » par cette visite, a assuré à l’AFP une source au ministère espagnol des Affaires étrangères.

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