Xénophobie anti-Africains en Afrique du Sud: Le Parlement panafricain basé à Midrand se prononce avec ces outils

Afriquinfos Editeur
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La session du Parlement panafricain (DR-African Union)

Midrand (© 2026 Afriquinfos)- Réuni à Johannesburg, le Parlement panafricain a adopté une résolution ferme contre les violences xénophobes. Le texte prévoit une enquête parlementaire et la mise en place d’un dialogue panafricain. Il encourage enfin l’organisation d’un forum annuel sur la cohésion sociale, pensé comme un espace de dialogue interculturel et de jeunesse, avec l’Afrique du Sud comme lieu d’accueil.

À Johannesburg,  en Afrique du Sud, le Parlement panafricain, organe législatif de l’Union africaine, siège à Midrand, depuis ce 17 juillet, et ce jusqu’au au 1er août 2026, sa première session ordinaire de la septième législature.  L’organe a durant sa session, remis la xénophobie au centre du débat continental. Le sujet est sensible, mais il est surtout politique : quand des étrangers sont pris pour cible en Afrique du Sud, c’est toute l’idée de circulation africaine, de solidarité régionale et d’intégration qui vacille. Dans un pays qui reste l’une des principales puissances économiques du continent, ces tensions ont des effets immédiats sur les quartiers populaires, les petits commerces, les transports et la confiance entre voisins.

Le Parlement panafricain, Cette séquence parlementaire intervient alors que l’UA venait de réunir à Accra un sommet extraordinaire sur la santé, dans une capitale ghanéenne déjà au cœur d’un autre échange diplomatique lié aux violences contre les ressortissants africains en Afrique du Sud.

Selon les éléments rendus publics par le Parlement panafricain, l’initiative est venue de motions portées par des groupes d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est, puis soutenue très largement par les élus présents. Le message était clair : aucune nationalité ne peut servir de prétexte à la violence, à la haine ou à l’humiliation. Cette formulation renvoie à un constat simple. Les attaques contre des étrangers ne relèvent pas seulement de l’ordre public. Elles touchent au socle même du projet panafricain.

Ce vote s’inscrit aussi dans une succession de prises de position plus anciennes au sein des institutions sud-africaines. À la fin juin, le Parlement sud-africain a lui-même organisé à l’Université du Witwatersrand un symposium sur la migration et la cohésion sociale. Les participants y ont plaidé pour des systèmes de migration légaux et ordonnés, une meilleure coopération régionale et la protection des migrants contre l’exploitation. Le débat n’est donc pas né cette semaine. Il monte en intensité depuis plusieurs mois.

En Afrique australe, la question dépasse l’Afrique du Sud seule. La Communauté de développement d’Afrique australe, la SADC, repose sur la circulation des personnes, des travailleurs et des services entre États membres. Quand la peur des étrangers se répand dans les villes sud-africaines, c’est donc une partie de l’architecture régionale qui se fragilise. Les tensions affectent aussi les pays voisins, dont une partie des ressortissants vit du commerce informel, de l’emploi précaire ou des transferts familiaux au-delà des frontières.

À Pretoria, le gouvernement dit prendre ces inquiétudes au sérieux tout en rejetant l’étiquette de xénophobie. Dans une réponse officielle à la demande du Ghana d’ouvrir un débat à l’Union africaine, le ministère sud-africain des Relations internationales a rappelé l’attachement du pays au panafricanisme, à l’Ubuntu et à la solidarité africaine. Ce langage diplomatique ne règle pas tout. Mais il montre que le sujet est désormais traité au niveau continental, et non plus seulement comme une suite d’incidents locaux.

Au même moment, le Ghana a porté le dossier sur la scène de l’UA. La présidence ghanéenne a indiqué que le président de la Commission de l’Union africaine avait reconnu la nécessité d’aborder ces violences au prochain sommet, après des échanges avec John Dramani Mahama à Accra. Même si la demande de mettre le point à l’ordre du jour du sommet n’a pas obtenu de suite favorable dans l’immédiat, le simple fait que le sujet soit remonté jusqu’à cette instance montre la pression politique créée par les attaques contre des ressortissants africains en Afrique du Sud.

Le rôle de cette résolution

Sur le terrain, une résolution parlementaire ne fait pas disparaître les tensions du jour au lendemain. En revanche, elle peut peser sur l’agenda des commissions, de l’oversight parlementaire et des discussions entre États. Le Parlement panafricain demande précisément que ses commissions collaborent davantage pour maintenir la lutte contre la xénophobie comme priorité. Cela peut conduire à des auditions, à des recommandations communes et à une pression politique accrue sur les gouvernements nationaux.

Pour les dirigeants, l’enjeu est institutionnel. Pour les habitants des quartiers concernés, il est beaucoup plus concret. Les petits commerçants étrangers vivent dans l’incertitude. Les familles mixtes s’inquiètent. Les communautés locales craignent aussi que les tensions se transforment en violences plus larges, en destruction de biens ou en représailles. C’est là que le discours public compte. Dans un contexte de chômage élevé, de concurrence sur l’emploi informel et de défiance envers l’État, les étrangers servent souvent de boucs émissaires faciles. La résolution tente justement de casser ce mécanisme.

L’Afrique du Sud, capitale Pretoria, reste un passage obligé dans l’économie et la diplomatie du continent. C’est aussi une société traversée par des frustrations sociales profondes. Tant que ces tensions ne seront pas traitées par des politiques publiques visibles, la xénophobie restera une tentation politique, surtout dans les zones urbaines populaires où s’entremêlent chômage, pression sur les services et compétition commerciale. Le Parlement panafricain a rappelé qu’un autre récit est possible : celui d’un continent qui organise la coexistence au lieu de la peur.

La suite se jouera dans les couloirs des institutions africaines autant que dans les villes sud-africaines. Midrand accueille jusqu’au 1er août 2026 la première session ordinaire de la nouvelle législature du Parlement panafricain, tandis que l’UA doit encore digérer les suites politiques du sommet d’Accra. Si l’enquête parlementaire annoncée avance, elle pourrait alimenter de nouvelles recommandations sur la migration, la cohésion sociale et la protection des ressortissants africains dans les pays d’accueil.

Ce dossier a donc une portée plus large qu’une controverse nationale. Il interroge la capacité du continent à faire vivre, dans les faits, les principes qu’il proclame : libre circulation, dignité, intégration régionale et solidarité entre Africains. En Afrique australe comme dans le reste du continent, la réponse ne se mesurera pas seulement aux communiqués. Elle se lira dans la sécurité des marchés, la protection des migrants et la crédibilité des institutions capables d’arbitrer ces tensions.

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