Le colonel Michaël Randrianirina a été investi ce 17 octobre Président de Madagascar, quelques jours après la prise de pouvoir par son unité militaire, qui a poussé l’ex-dirigeant Andry Rajoelina à fuir.
Sous le feu de critiques à l’international, dont celles de l’ONU, le nouvel homme fort de Madagascar, qui réfute tout « coup d’État », s’évertue à entourer sa prise de pouvoir de légalité. Il a ainsi promis des élections d’ici 18 à 24 mois, même si la plus haute juridiction du pays lui a donné un délai de 60 jours, et il a assuré ce 16 octobre 2025 que le pays ne serait pas dirigé par un régime militaire car « le Gouvernement appartient aux civils ».
Pour la cérémonie de ce 17 octobre 2025, il avait troqué son uniforme pour un costume, et s’est adressé aux délégations étrangères en français, les invitant à « accompagner Madagascar dans le processus de pilotage et de mise en œuvre de la refondation nationale« . Selon la presse locale, il a rencontré ce 16 octobre une délégation russe.
L’Union Européenne a appelé ce 17 octobre à un dialogue entre « toutes les parties » afin de renouer « avec les valeurs démocratiques« . L’Union Africaine et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont prévu d’envoyer des missions d’enquête sur l’île et ont appelé au respect de la démocratie constitutionnelle.
Un nouveau départ politique pour la Grande Ile
Les partisans d’Andry Rajoelina ont condamné le soutien de la Haute Cour Constitutionnelle au commandant du CAPSAT, le jugeant entaché d’illégalités procédurales. Faute de recours possible légalement, une requête a tout de même été déposée auprès de la HCC, a indiqué à l’AFP sa conseillère, Lova Rinel Rajaoarinelina. « C’est une requête pour avoir des explications sur chaque point, prouver que ce sont des institutions vérolées et donner des arguments juridiques aux médiateurs pour démontrer l’incohérence« , explique-t-elle.
Les Forces gouvernementales ont été accusées de répression violente contre les manifestants, avec au moins 22 morts et une centaines de blessé selon l’ONU, jusqu’à ce que le CAPSAT annonce le 11 octobre qu’il refuserait de tirer sur eux! Cette mutinerie a marqué un tournant, l’unité ayant été célébrée par les protestataires qui espèrent désormais un rôle dans la nouvelle administration. Madagascar est la dernière de plusieurs anciennes colonies françaises passées sous contrôle militaire depuis 2020, après des coups d’État au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée (en septembre 2021), et au Gabon (fin aout 2023).
A Madagascar, il s’agit de la troisième transition militaire depuis son indépendance de la France en 1960, après les coups d’État de 1972 et 2009. Andry Rajoelina est le troisième dirigeant malgache renversé à fuir le pays. Avant lui, Didier Ratsiraka était parti pour la France en 2002 après des violences post-électorales, et Marc Ravalomanana s’était envolé pour l’Afrique du Sud en 2009.
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