Parlement européen, retrait de la CPI: L’AES toujours offensive sur ses principes via le Faso et le Niger 

Afriquinfos Editeur
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Karamoko Jean Marie Traor (DR)

Ouagadougou (© 2026 Afriquinfos)-Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), poursuivent leurs actions scellant leur rupture avec diverses instances.  Alors que le Niger a officiellement notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) ce 18 juin, a annoncé l’institution basée à La Haye, précisant que cette décision prendra effet le 18 juin 2027, conformément au délai d’un an prévu par le Statut de Rome, le Burkina Faso a de son côté rejeté ce 24 juin, une résolution du Parlement européen sur la situation du pays.

A travers une note verbale du ministère des Affaires étrangères, le gouvernement du Burkina Faso a rejeté mercredi, une résolution adoptée par le Parlement européen le 18 juin 2026, intitulée : « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso« , ainsi que les propos accusateurs, grossiers et mensongers livrés à l’occasion par l’eurodéputé, le français Christophe GOMART.

Une résolution « manifestement adossée à des desseins néocoloniaux et inspirée par des réseaux obscurs à la solde de la France« , selon les autorités burkinabè

Le gouvernement du Burkina Faso « rejette avec la plus grande fermeté cette résolution dont les appréciations partiales, les allégations infondées ainsi que les jugements péremptoires traduisent un refus manifeste de ses initiateurs, de voir les progrès engrangés par le Burkina Faso depuis 2022 dans la reconquête du territoire national et dans la consolidation de son économie » lit-on dans la note verbale publiée par le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso.

Selon les autorités burkinabè, cette résolution « manifestement adossée à des desseins néocoloniaux et inspirée par des réseaux obscurs à la solde de la France, constitue une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État souverain, en contradiction avec les principes consacrés par la Charte des Nations Unies, notamment ceux relatifs à l’égalité souveraine des États et à la non-ingérence dans leurs affaires internes« .

Par ailleurs, le gouvernement burkinabè « relève avec gravité » que certains parlementaires européens persistent à développer une « approche paternaliste » des relations internationales, fondée davantage sur des préjugés idéologiques que sur une compréhension objective des réalités du terrain.

Dans la note, le gouvernement a rappelé que la crise sécuritaire qui affecte aujourd’hui le Burkina Faso et plusieurs pays du Sahel, est la conséquence directe de la déstabilisation de la Libye à la suite de « l’intervention militaire irréfléchie » de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en 2011.

« Cette intervention, dont les effets dévastateurs continuent dans toute la région sahélienne, a favorisé le terrorisme, la prolifération et la circulation des armes de guerre ainsi que l’expansion de réseaux criminels transnationaux qui menacent la paix et la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest« , a-t-il expliqué.

Le Burkina Faso « demeure attaché à un dialogue franc, respectueux et mutuellement bénéfique avec l’Union européenne ainsi qu’avec l’ensemble de ses partenaires », a indiqué le ministère des Affaires étrangères soulignant toutefois que « ce dialogue ne saurait prospérer dans un climat marqué par la condescendance, les injonctions, les procès d’intention ou les tentatives de remise en cause des choix souverains librement assumés par le peuple burkinabè » et qu’ »en tout état de cause, cette résolution est nulle et de nul effet« .

Le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a d’ailleurs convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne (UE) pour protester contre ces propos jugés ‘’grossiers et mensongers’’ de l’eurodéputé français Christophe Gomart, a annoncé le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso dans un communiqué publié le 22 juin 2026.  

Après feuilleton du Parlement européen, Ouagadougou aurait annulé tous les rendez-vous de l’émissaire de l’UE, João Cravinho au Burkina, alors que ce dernier devrait rencontrer des responsables burkinabés à Ouagadougou., selon des medias locaux.

Le Niger premier pays à quitter la CPI

Le Niger quant à lui, devient ainsi le Premier pays de l’Alliance des États du Sahel qui quittera officiellement la Cour pénale internationale en juin 2027, un an après avoir déposé sa notification auprès de l’ONU

La notification a été reçue le 18 juin par le secrétaire général de l’ONU, dépositaire du traité fondateur de la Cour.

Dans sa notification, Niamey estime que la CPI a fait l’objet de « détournements » et « d’instrumentalisations », reprenant des critiques régulièrement formulées par plusieurs États africains à l’encontre de l’institution.

La CPI a indiqué « regretter » cette décision, tout en rappelant que le Niger demeure tenu de coopérer avec la Cour jusqu’à l’entrée en vigueur effective de son retrait.

Créée en 2002 pour poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression, la CPI compte actuellement 125 États parties. Les États-Unis, la Russie, la Chine et Israël n’en sont pas membres.

Le retrait du Niger intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la Cour et certains pays africains, qui l’accusent de cibler de manière disproportionnée le continent. Depuis l’entrée en vigueur du Statut de Rome, seuls le Burundi et les Philippines ont effectivement quitté l’institution.

Les pays membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupe : le Niger le Mali et le Burkina Faso.  Les trois avaient conjointement annoncé leur départ de la Cour en septembre 2025.

V.A.