Des milliers de manifestants ont encore défilé dans plusieurs grandes villes de Madagascar ce 02 octobre en attendant l’éventuelle nomination d’un nouveau Premier ministre, le Président Rajoelina s’étant donné ce 29 septembre trois jours pour recevoir des candidatures.

L’île pauvre de l’océan Indien est le théâtre depuis le 25 septembre de manifestations qui réclament désormais le départ du Président Andry Rajoelina, après avoir débuté comme l’expression d’un ras-le-bol contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité. A la différence d’Antananarivo où pour la première fois depuis dimanche dernier, le mouvement Gen Z, à l’origine de la contestation, n’a pas appelé à manifester, des milliers de jeunes ont défilé à Antsiranana, la grande ville du nord du pays, a constaté une équipe de l’AFP.
Des rassemblements de centaines de personnes au moins ont aussi été signalés par les médias locaux à Toliara (sud) et Mahajanga (nord). Plus tôt ce 2 octobre, six pays dont la France ont appelé à un « dialogue constructif » après une semaine de contestation du pouvoir dans la rue à Madagascar.

« Nous appelons toutes les parties prenantes à s’engager dans un dialogue constructif afin de surmonter la situation actuelle de manière pacifique« , ont déclaré dans un communiqué commun les Ambassades d’Allemagne, de Corée (du Sud), de France, du Japon, du Royaume-Uni et de Suisse ainsi que la délégation de l’Union Européenne à Madagascar.
Pour la première fois depuis le 28 septembre, le mouvement Gen Z, à l’origine de la contestation, n’a pas appelé à manifester ce 02 octobre à Antananarivo, évoquant un « retrait stratégique pour préserver la santé et l’énergie de chacun, sans écarter la poursuite des mobilisations dans les autres régions« . La répression des manifestations ainsi que les violences ayant éclaté lors de pillages généralisés « perpétrés par des individus et des gangs sans lien avec les manifestants », selon l’ONU, a fait au moins 22 morts et des centaines de blessé d’après un bilan annoncé ce 29 septembre par son Haut-Commissariat aux droits de l’Homme. Des chiffres démentis fermement par le ministère malgache des Affaires étrangères.
– Droit de manifester « attaqué » –
L’ONG Amnesty International a estimé ce 02 octobre 2025 que le « droit de manifester pacifiquement (était) violemment attaqué« . Les délégations étrangères sus-mentionnées appellent également dans leur texte « toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et (à) rejeter toute forme de violence » au lendemain d’une rencontre au Palais présidentiel entre des représentants de la communauté internationale et le Chef d’Etat Rajoelina.
Il avait annoncé ce 29 septembre le renvoi du Gouvernement pour tenter de calmer sans succès les manifestations qui ont continué à réunir des milliers de personnes dans les grandes villes du pays. « Durant les trois prochains jours, nous allons recevoir les propositions de noms de Premier ministre« , avait déclaré le Président Rajoelina, installé une première fois au pouvoir par les militaires en 2009, à la suite d’un soulèvement populaire.
Plusieurs Syndicats, dont celui de la Société nationale de distribution d’eau et d’électricité, ont appelé à la grève générale et l’Opposition, dans une rare prise de position commune, a elle aussi demandé le départ de l’ancien Maire d’Antananarivo, DJ et magnat des médias, Andry Rajoelina (51 ans). Président de Transition entre 2009 et 2014, il avait fini par se mettre en retrait avant de se faire élire en 2018, puis réélire en 2023 (lors d’un scrutin boycotté par l’Opposition et auquel moins de la moitié des électeurs inscrits a pris part).
Malgré ses immenses ressources naturelles, Madagascar, ancienne colonie française devenue indépendante en 1960, figure encore parmi les pays les plus démunis au monde et du continent africain. Ses énormes potentialités agricoles, touristiques et en matière d’économie bleue sont très peu exploitées.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



