Madagascar: L’Eglise catholique invitée à faciliter une sortie de crise politique

Afriquinfos Editeur
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Pape Léon XVI (DR-Le Parisien)
Pape Léon XIV (DR-Le Parisien).

Rome (© 2025 Afriquinfos)- Le Pape Léon XIV « attristé » a appelé à prier le Seigneur afin que « toute forme de violence soit toujours évitée » à Madagascar. Le chef de l’Église catholique a lancé l’appel lors de l’audience générale, ce 1er octobre 2025. Il souhaite que soit favorisée « la recherche constante de l’harmonie sociale par la promotion de la justice et du bien commun ».

Au moins 22 personnes ont été tuées à Madagascar, d’après l’ONU depuis le début jeudi des manifestations ayant embrasé le pays, où le président, face à la poursuite du mouvement, a annoncé lundi le renvoi de son gouvernement.

L’île de l’océan Indien, qui demeure l’un des pays les plus pauvres du monde, a régulièrement connu des émeutes populaires contre les pouvoirs en place depuis son indépendance en 1960. Elles ont notamment abouti en 2009 au départ de l’ex-président Marc Ravalomanana.

« Au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessée », a affirmé le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans un communiqué diffusé lundi.

« Parmi les victimes figurent des manifestants et des passants tués par des membres des forces de sécurité, mais aussi d’autres tués lors des violences et des pillages généralisés qui ont suivi, perpétrés par des individus et des gangs sans lien avec les manifestants », poursuit le texte du Haut-Commissaire, Volker Türk, qui se dit « choqué » par la « réponse violente des forces de sécurité ».

Mobilisés depuis jeudi, des milliers de protestataires sollicités via les réseaux sociaux à travers un mouvement baptisé « Gen Z », sont descendus lundi dans les rues de la capitale Antananarivo, a constaté une équipe de l’Agence France-Presse (AFP). Les revendications y dépassent désormais le ras-le-bol initial qui s’exprimait contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité.

Contesté personnellement, le président Andry Rajoelina a annoncé lors d’une allocution solennelle lundi soir « mettre fin aux fonctions » de son gouvernement, y compris de l’indéboulonnable Christian Ntsay, premier ministre depuis 2018, quand il avait été nommé par le précédent président.

« En attendant la formation du nouveau gouvernement, ceux qui sont en place assureront l’intérim. Durant les trois prochains jours, nous allons recevoir les propositions de noms de premier ministre », a ajouté le chef d’État, qui avait s’était déjà séparé de son ministre de l’Énergie vendredi.

Plus nombreux que lors du dernier rassemblement samedi et pour beaucoup vêtus de noir, les manifestants, partis de l’université d’Antananarivo, ont scandé lundi des chants appelant à la démission du président.

Ancien maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, 51 ans, s’était installé une première fois au pouvoir de 2009 à 2014 à la faveur d’un coup d’État faisant suite à un soulèvement populaire. Il s’est ensuite fait élire en 2018 puis réélire en 2023 lors d’un scrutin contesté.

Un des mots d’ordre affichés désormais par la Gen Z via ses canaux est « Rajoelina, dégage » (« Miala Rajoelina »).

« À peine sommes nous sortis dans la rue que les forces de l’ordre ont décidé de nous tirer dessus », a accusé lundi auprès de l’AFP un porte-parole de la Gen Z pour expliquer ce durcissement du positionnement du mouvement. Il souhaite conserver l’anonymat par peur de représailles.

Le mouvement Gen Z reprend à son compte le drapeau pirate tiré du manga One Piece, signe de ralliement vu en Indonésie ou au Népal de mouvements de contestation. Il s’est baptisé en référence à la génération des personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010.

Plusieurs protestataires affichaient lundi des pancartes « On veut vivre, pas survivre », un slogan devenu emblématique du mouvement. Ils s’étaient réunis près de l’université d’Antananarivo où les forces de l’ordre leur barraient l’accès vers le centre ville, a constaté l’AFP.

V.A.