RDC: La C64 tacle de nouveau le pouvoir Tshisekedi, la MONUSCO planifie une présence prégnante au Kivu

Afriquinfos Editeur
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La C64 en conférence de presse (DR-Van Mutoka (DR)

Kinshasa (© 2026 Afriquinfos)- Deux jours après la manifestation du 15 septembre, la Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) dresse le bilan qui se déchiffre comme suit : 1 mort, une cinquantaine de blessés et des arrestations massives lors de la marche du 15 septembre 2026 à Kinshasa et dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.

La coalition d’opposition met en cause la responsabilité politique et pénale du Chef de l’État pour ces faits alors même que la Monusco prépare son déploiement dans la province du Sud-Kivu.

Dans un communiqué en treize points publié le 17 septembre 2026, la Coalition (C64)tient le Président Félix Tshisekedi pour responsable de la mort d’un militant de l’opposition, survenue à Kinshasa. Mais de son côté, la police de la capitale avait affirmé la veille qu’aucune vie n’avait été perdue.

Réunie en conférence de  presse le 17 septembre, la C64 déclare condamner « avec la plus grande fermeté l’assassinat ce 15 septembre 2026 pendant la marche à Kinshasa d’un citoyen du nom de Manassé Lomboto Bomengola, chargé de la sécurité de Prince Epenge, Président d’ADDCongo. Il est décédé à l’hôpital Olympic après avoir été grièvement blessé devant le siège de l’UDPS, à Limete.

Elle impute cette mort à une milice qu’elle nomme « Force du progrès » et qu’elle présente comme liée à l’UDPS, appuyée selon elle par la police et l’armée. « La C64 tient M. Felix TSHISEKEDI pour responsable de cet assassinat et de toutes ces violations de droits de l’homme », écrit la coalition, qui met en cause sa responsabilité « politique et pénale ».

Le texte décrit un « guet-apens » tendu à un cortège dont l’itinéraire avait été fixé avec les autorités de la ville. Il cite parmi les corps mis en cause la police nationale, la garde républicaine et le Service national.

Le pouvoir rejette ces accusations

Martin Fayulu, lui-même blessé ce jour-là, déclarait à l’AFP : « ce que j’ai vu aujourd’hui est extrêmement grave ». Il avait affirmé le même jour sur Radio Okapi : « Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens ».

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rejeté les accusations visant le pouvoir et dénoncé ce qu’il présente comme des méthodes de manipulation de l’opposition. Il a défendu le droit de manifester dans le respect de l’ordre public et appelé les opposants à rejoindre le dialogue national lancé par Félix Tshisekedi.

Le 15 septembre, des sources sécuritaires citées par Radio Okapi indiquaient qu’aucun mort n’avait été enregistré. Le lendemain, le commandant de la police de la ville de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Bankulu Kantu, saluait « le professionnalisme » de ses hommes et affirmait un bilan sans « perte en vies humaines ni aucun dégât matériel important », propos rapportés par l’Agence congolaise de presse.

La C64, qui réunit notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, exige la libération de toutes les personnes arrêtées, l’ouverture de poursuites pénales contre les auteurs des violences, le démantèlement de la milice qu’elle désigne, et la condamnation judiciaire des auteurs de la mort de son militant.

Elle annonce la publication, « dans les heures qui viennent », d’un bilan détaillé des violations sur l’ensemble du territoire, et cite seize villes où des interdictions, arrestations ou détentions auraient eu lieu, dont Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kananga, Kindu, Kalemie, Matadi, Kikwit, Mbandaka, Kisangani et Tshikapa.

Le douzième point du communiqué annonce que la coalition adoptera « des mesures de légitime défense contre toute entrave à ses activités publiques ». Le dixième déplore la « complaisance » des États-Unis et des pays de l’Union européenne.

La Monusco prépare son déploiement dans la province du Sud-Kivu

Cette crise survient au moment où la Monusco prépare son déploiement dans la province du Sud-Kivu et entend apporter un appui technique, logistique et sécuritaire à la mise en œuvre du cessez-le-feu prévu dans le cadre du processus de paix de Doha. La question a été au centre d’une séance de travail tenue mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa entre la Première Ministre Judith Suminwa et une délégation de la mission onusienne conduite par James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC.

Les échanges ont notamment porté sur le fonctionnement du mécanisme conjoint élargi de vérification ainsi que sur l’implication de la Monusco dans la mise en œuvre des engagements issus des processus de paix de Washington et de Doha.

« Nos discussions aujourd’hui ont porté sur l’appui que la mission onusienne apporte au processus de paix en cours, en particulier à la mise en œuvre du cessez-le-feu dans le cadre du processus de Doha ainsi qu’au mécanisme conjoint élargi de vérification », a déclaré James Swan.

La Monusco prévoit également d’apporter son soutien au processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) concernant les groupes armés étrangers, notamment les FDLR.

De son côté, le vice-Premier Linistre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a confirmé que la rencontre avait notamment porté sur le déploiement de la Monusco dans le Sud-Kivu et sur les mécanismes de vérification du cessez-le-feu.

« Les équipes d’experts vont continuer les travaux avec l’équipe d’experts de la Monusco. Dans un avenir assez proche, nous allons ensemble constater le déploiement effectif de tous ces effectifs qui vont consolider le processus de paix », a-t-il déclaré.

La séance a ainsi permis de faire le point sur les prochaines étapes du déploiement de la mission onusienne et sur le mécanisme de vérification du cessez-le-feu dans le cadre des processus de paix en cours.

Vignikpo Akpéné