Les Etats-Unis ont fait pression sur la France pour qu’elle renonce à inviter le Président sud-africain au sommet du G7 en juin à Evian, a rapporté ce 26 mars la Présidence sud-africaine, dans un nouvel épisode des attaques répétées de Washington contre Pretoria.
Dans le viseur américain depuis des mois: une prétendue persécution des Afrikaners, ces descendants des colons européens, ou encore les programmes de discrimination positive visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l’apartheid.

Episode le plus marquant de l’animosité américaine contre l’actuel Gouvernement sud-africain, la visite du Président sud-africain à la Maison Blanche en mai 2025. Elle avait donné lieu à une scène ayant stupéfait Cyril Ramaphosa: Donald Trump avait présenté des photos ou vidéos, pour la plupart trompeuses ou complètement fausses, qui étaient supposées appuyer ses accusations. L’Administration américaine avait aussi infligé à Pretoria, première économie du continent, des droits de douanes de 30% sur la plupart de ses exportations, les plus élevés d’Afrique subsaharienne, avant que la Cour suprême ne les retoque.
En dépit de ces relations délétères, Pretoria a récemment accepté les lettres de créances du nouvel ambassadeur des Etats-Unis dans le pays, le très conservateur Brent Bozell, 70 ans. Moins d’un mois après son entrée en fonction, le diplomate a été convoqué en mars 2026 par le ministère sud-africain des Affaires étrangères pour des propos jugés « non-diplomatiques« .
Motif de sa convocation: il avait déclaré n’avoir « rien à faire » que les tribunaux sud-africains ne considèrent pas le chant polémique et historique de lutte contre l’apartheid, « Kill the Boer » (« Tuez le fermier »), comme un discours de haine à l’égard des Afrikaners. Il avait ensuite affirmé respecter l’indépendance de l’appareil judiciaire sud-africain.
L’Administration Trump avait expulsé pour sa part, en mars 2025, l’ambassadeur sud-africain aux Etats-Unis, Ebrahim Rasool, qui n’a toujours pas été remplacé. Sur ce point, le Porte-parole de la Présidence a indiqué ce 26 mars que Cyril Ramaphosa est « sur le point de nommer l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, qui fera partie de l’équipe actuellement en contact avec ses homologues américains ».
© Afriquinfos & Agence France-Presse



