Washington (© 2025 Afriquinfos)- Ce 3 décembre, les États-Unis, à travers la voix de leur Secrétaire d’État, Marco Rubio, ont de nouveau réaffirmé leur intention de ne pas inviter l’Afrique du Sud au prochain G20 qu’accueille Washington, pour la première fois depuis 2009. Ce G20 coïncide avec le 250e anniversaire des États-Unis.
‘’Le président Trump et les États-Unis n’inviteront pas le Gouvernement sud-africain à participer au G20 pendant notre présidence. Il y a une place pour les désaccords de bonne foi, mais pas pour la malhonnêteté ni pour le sabotage’’, a indiqué Marco Rubio, dans un communiqué de presse du Département américain.
D’après Washington, l’Afrique du Sud est entrée dans l’ère post-guerre froide avec des institutions solides, d’excellentes infrastructures et une bonne réputation dans le monde. Elle possédait bon nombre des ressources les plus précieuses au monde, certaines des meilleures terres agricoles de la planète, et était située à proximité de l’une des principales routes commerciales mondiales. Avec Nelson Mandela, l’Afrique du Sud avait un dirigeant qui comprenait que la réconciliation et la croissance économique tirée par le secteur privé étaient la seule voie vers un pays où chaque citoyen pourrait prospérer.
Malheureusement, précise le document : ‘’les successeurs de Mandela ont remplacé la réconciliation par des politiques redistributives qui ont découragé les investissements et poussé les citoyens sud-africains les plus talentueux à s’exiler. Les quotas raciaux ont paralysé le secteur privé, tandis que la corruption a conduit l’État à la faillite’’.
Il suffit de regarder les chiffres. L’économie sud-africaine a stagné sous le poids d’un régime réglementaire contraignant, motivé par les revendications raciales, et le pays se trouve désormais clairement exclu du groupe des 20 plus grandes économies industrialisées.
Plutôt que d’assumer la responsabilité de ses échecs, le gouvernement sud-africain radical dirigé par l’ANC a cherché à faire de ses propres citoyens et des États-Unis des boucs émissaires. Comme l’a souligné à juste titre le président Trump, l’appétit du gouvernement sud-africain pour le racisme et sa tolérance à l’égard de la violence contre ses citoyens afrikaners sont désormais ancrés en tant que politiques intérieures centrales.
Il semble déterminé à s’enrichir alors que l’économie du pays est à la traîne, et alors que les Sud-Africains sont victimes de violences, de discriminations et de confiscations de terres sans compensation. Son ancien ambassadeur aux États-Unis était ouvertement hostile à l’Amérique. Ses relations avec l’Iran, son accueil de sympathisants du Hamas et ses relations amicales avec les plus grands adversaires de l’Amérique l’éloignent de la famille des pays que nous considérions autrefois comme proches.
La note dont est signataire M. Rubio affirme que la politique du ressentiment s’est poursuivie lors de la présidence sud-africaine du G20 ce mois-ci, qui a été marquée par la rancœur, la division et des programmes radicaux n’ayant rien à voir avec la croissance économique. L’Afrique du Sud s’est concentrée sur le changement climatique, la diversité et l’inclusion ainsi que la dépendance à l’aide, en en faisant les principes centraux de ses groupes de travail. Elle a systématiquement ignoré les objections des États-Unis aux communiqués et aux déclarations consensuels. Elle a bloqué les contributions des États-Unis et d’autres pays aux négociations. Elle a activement ignoré nos efforts raisonnables pour négocier. Elle a divulgué les informations personnelles des responsables américains travaillant sur ces négociations. Elle a fondamentalement terni la réputation du G20.
Réaction de Pretoria suites à ces accusations
Cependant, les États-Unis affirment réitérer leur soutien au peuple sud-africain, mais pas à son gouvernement radical dirigé par l’ANC, et ne toléreront pas la persistance de son comportement. Lorsque l’Afrique du Sud décidera qu’elle a pris les décisions difficiles nécessaires pour réparer son système défaillant et qu’elle sera prête à rejoindre la famille des pays prospères et libres, les États-Unis lui réserveront une place à leur table. D’ici là, l’Amérique ira de l’avant avec un nouveau G20.
Bien avant ce speech de Marco Rubio, le Président américain Donald Trump avait annoncé l’exclusion de l’Afrique du Sud du sommet du G20 en 2026 prévu à Miami, amplifiant les tensions entre Washington et Pretoria : ‘’Il a montré au monde que c’est un pays digne d’être membre de rien’’.
Le Président sud-africain Cyril Ramaphosa a réagi avec fermeté à ces accusations. Selon lui, les propos de Donald Trump sont regrettables. Il affirme que le Gouvernement sud-africain a remis les instruments de la présidence du G20 à un représentant américain au ministère des Relations internationales. Le président précise que cette remise s’est faite malgré l’absence d’une délégation officielle des États-Unis à Johannesburg.
Pour Pretoria, Washington utilise ce désaccord pour créer une tension inutile. Le Gouvernement sud-africain assure qu’il continuera à jouer un rôle actif au sein du G20. Par conséquent, il réaffirme son engagement pour le multilatéralisme, la coopération internationale et la stabilité mondiale. Cette crise ouvre une nouvelle période d’incertitude dans la diplomatie entre les deux pays.
Vignikpo Akpéné



