Douala (© 2026 Afriquinfos) – Au Cameroun, la condamnation de Patrick Mengue à six mois de prison ferme ravive le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique politique dans le pays. Cette décision intervient dans un contexte particulier, marqué par les interrogations persistantes autour de l’absence du président Paul Biya de la scène publique.
L’affaire trouve son origine à la suite de l’annonce du décès de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji. Réagissant à cette disparition sur les réseaux sociaux, Patrick Mengue avait publié un message qui a rapidement suscité une vive polémique : «Seigneur tu te rapproches déjà de la cible, encore un effort STP».
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Pour les autorités judiciaires, cette publication constituait une allusion directe au président Paul Biya. Elles ont estimé que ces propos relevaient de l’outrage au Chef de l’État, une infraction prévue et sanctionnée par la législation camerounaise.
Le tribunal a ainsi condamné Patrick Mengue à six mois d’emprisonnement ferme, une décision qui continue d’alimenter les réactions aussi bien dans les milieux politiques que sur les plateformes numériques. Certains observateurs y voient une application stricte des dispositions pénales protégeant les institutions de la République, tandis que d’autres s’interrogent sur ses implications pour la liberté d’opinion et d’expression.
Cette condamnation intervient alors que les spéculations autour de l’absence de Paul Biya occupent une place importante dans le débat public. Selon plusieurs observateurs, le président camerounais est absent du territoire national depuis le 7 juin, une situation qui nourrit de nombreuses interrogations au sein de la population, en l’absence de communication officielle détaillée sur son agenda.
Dans ce contexte de forte sensibilité politique, l’affaire Patrick Mengue illustre les tensions persistantes entre la protection de la fonction présidentielle et l’exercice de la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux, devenus un espace privilégié de débat mais également de surveillance accrue.
Yaëlle LENGA



