Affaire de drone à Tinzawatène en 2024: Bamako et Alger tenaces devant la CIJ

L'Algérie a qualifié ce 19 septembre de "trop grossière" une requête du Mali devant la Cour internationale de justice (CIJ), l'accusant d'avoir abattu un drone de son Armée au dessus du territoire malien.

Afriquinfos Editeur
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Rassemblement à Bamako, le 12 avril 2025, contre une "agression de l'Algérie", après qu'un drone de l'Armée malienne a été abattu.
Rassemblement à Bamako, le 12 avril 2025, contre une "agression de l'Algérie", après qu'un drone de l'Armée malienne a été abattu.

L’Algérie a qualifié ce 19 septembre de « trop grossière » une requête du Mali devant la Cour internationale de justice (CIJ), l’accusant d’avoir abattu un drone de son Armée au dessus du territoire malien.

Le Mali avait récemment annoncé le dépôt de cette requête devant la CIJ, plus haute juridiction de l’ONU, qui a confirmé ce 19 septembre l’avoir reçue. « Cette manoeuvre est trop grossière pour être crédible. L’Algérie ne s’en rendra pas complice et en dénonce le caractère éhonté« , a indiqué le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué. Depuis le 1er avril, le Mali accuse Alger d’avoir abattu un drone de l’Armée malienne au dessus de son territoire, ce qui constituerait une violation de son espace aérien.

La Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye, le 17 mai 2024 aux Pays-Bas.
La Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye, le 17 mai 2024 aux Pays-Bas.

Le Mali affirme que cet « acte hostile de l’Algérie » constitue « une violation manifeste du principe de non-recours à la force et un acte d’agression (…) en violation du droit international », est-il écrit dans un communiqué de la CIJ publié ce 19 septembre. L’Algérie a rejeté ces accusations, affirmant que les données radars de son ministère de la Défense « établissent clairement la violation de l’espace aérien de l’Algérie » par un drone de reconnaissance venu du Mali.

L’épisode a donné lieu à une crise diplomatique entre les deux pays frontaliers. Depuis, le Mali et ses alliés du Niger et du Burkina Faso ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en Algérie, qui a aussi annoncé le rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger. Parallèlement, Bamako et Alger ont depuis fermé chacun leur espace aérien à l’autre. Créée en 1948, la CIJ examine les différends entre pays, généralement lorsqu’un Etat accuse un autre de violer un traité international. Le Mali souhaite « fonder la compétence » de la Cour sur l’affaire, ce qui requiert le consentement du Gouvernement algérien, auquel la requête a été transmise.

La requête malienne « procède manifestement d’une tentative d’instrumentalisation de cet auguste organe judiciaire des Nations Unies« , a estimé le ministère algérien des Affaires étrangères. « L’Algérie notifiera, en temps opportun, à la CIJ son refus de cette procédure« , a ajouté la même source. Aucune procédure ne peut être entamée tant que l’Algérie n’aura pas accepté la compétence de la Cour. Les autorités maliennes affirment avoir adressé à Alger plusieurs requêtes demandant des éléments de preuves sur la violation de son espace aérien, restées sans suite depuis.

Les relations entre le Mali et son grand voisin du nord n’ont cessé de se dégrader ces dernières années, surtout après le renversement du pouvoir d’IBK (Ibrahim Boubacar Kéita). Le Mali reproche à Alger d’entretenir une « proximité avec les groupes terroristes », notamment dans leur région frontalière. En janvier 2024, la Transition malienne avait annoncé la « fin, avec effet immédiat« , de l’Accord de paix d’Alger, signé en 2015, longtemps jugé essentiel pour stabiliser le pays en proie à une déstabilisation interne et externe depuis 2012.

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