Rabat (© 2026 Afriquinfos)- Identifier de nouveaux mécanismes de financement pour développer les réseaux du continent, avec comme modèle le Maroc : C’est l’ambition qu’affichent les acteurs du ferroviaire africain d’une vingtaine de pays, réunis à Rabat depuis ce 14 octobre pour, la 2e édition du Forum international sur les ‘’solutions d’investissement et de financement pour l’avenir du transport ferroviaire en Afrique’’, « Investment and financing solutions for Africa’s railway future« .
Le Maroc, fort de son expérience, est présenté unanimement comme un modèle à suivre à ce forum initié par l’ONCF et l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Quelque 200 participants représentant 20 pays prennent part à ce rendez-vous qui planche sur une question essentielle : comment financer un réseau ferré africain à la hauteur des besoins, face à l’insuffisance des budgets publics.
Dès le lancement de la rencontre ce mercredi 14 octobre à Rabat, le message central des allocutions a été de passer des déclarations d’intention à la réalisation effective de ses infrastructures ferroviaires.
Mohamed Rabie Khlie, Directeur général de l’ONCF, intervenant en sa qualité de Président de la région Afrique de l’UIC, a appelé à «passer du constat à l’action durable». Trois ans après la Déclaration de Dakar, cette deuxième édition entend apporter des réponses concrètes au déficit d’investissement ferroviaire du continent.
Selon les chiffres de l’Agenda 2063 évoqués par Khlie, l’insuffisance des infrastructures coûterait à l’Afrique deux points de croissance annuelle et entraînerait une perte de productivité estimée à 40%.
L’expérience marocaine a occupé une place centrale dans les interventions. Avec Al Boraq, premier train à grande vitesse africain, plus de 55 millions de voyageurs annuels et un ambitieux programme d’investissement ferroviaire dépassant 10 milliards d’euros à l’horizon 2035, le Royaume illustre la possibilité de transformer une vision stratégique en réalisations concrètes.
Asmae Boureddaya, coordinatrice régionale de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), a salué cette expérience, notamment la capacité du Maroc à mobiliser des financements diversifiés. Elle a également souligné la portée de l’Initiative Royale Atlantique pour les connexions économiques africaines.
Un plaidoyer de l’Union Africaine pour relever les défis
Mais le principal défi demeure la transformation des priorités en projets finançables. Études de faisabilité, prévisions de trafic, partage des risques, garanties et maintenance doivent être anticipés. «La bancabilité se construit, mais doit absolument être financée», a insisté Boureddaya, appelant les participants à quitter Rabat avec des projets préparés, des financements identifiés et des partenariats assortis d’engagements.
Éric Ntagengerwa, responsable du transport à la Commission de l’Union africaine, a également plaidé pour la transformation des ambitions continentales en projets d’investissement crédibles, avec une participation accrue du secteur privé.De son côté, François Davenne, directeur général de l’UIC, a défendu le recours aux marchés du carbone pour contribuer au financement du rail. Il a annoncé le lancement, à l’issue du forum, d’une coalition destinée à mieux valoriser les réductions d’émissions générées par les transports ferroviaires et publics.
L’enjeu de Rabat est de faire du financement le moteur du passage des engagements africains aux chantiers ferroviaires concrets.
Identifier des mécanismes de financement innovants, d’attirer davantage de capitaux privés vers le rail, structurer des partenariats durables entre États, opérateurs et bailleurs.
C’est dans ce cadre que le Maroc met en avant son propre programme : 134 milliards. De dirhams d’investissements ferroviaires prévus d’ici 2030. Incluant l’extension du réseau et la modernisation des lignes existantes.
Les transformations des infrastructures de transport, qualifiées de « profondes et sans précédent », imposent de revoir les modèles de mobilité. L’objectif : concilier croissance de la demande, soutenabilité financière et exigences environnementales.
À Rabat, les participants misent sur des solutions opérationnelles. Le format alterne séances de discussion thématiques et rencontres bilatérales pour faire émerger des projets finançables. À court et moyen terme.
Responsables d’organismes ferroviaires, Institutions financières Banques de développement prennent part à cette rencontre qui prend fin ce 15 octobre.
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