Vers la lumière sur la mort violente du rappeur Tupac Shakur 30 ans après les faits?

Afriquinfos Editeur
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Tupacb Shakur (DR-Claire Langoulant)

Las Vegas (© 2026 Afriquinfos)-Le procès de Duane « Keefe D » Davis, accusé d’avoir organisé et participé au meurtre, en 1996, du rappeur Tupac Shakur, débute ce lundi 10 août à Las Vegas. Personne n’a jamais été condamné dans cette affaire, l’un des plus célèbres « cold cases » de l’histoire américaine.

Trente ans après, le mystère demeure concernant la préméditation de l’assassinat du rappeur le plus célèbre au monde. Alors qu’une enquête avait été abandonnée en 2021 en raison d’une investigation trop coûteuse, offrant peu de résultats, elle a été reprise en 2023, à la suite de nouvelles révélations.

Cette fois-ci, les juges sont déterminés à déceler la vérité. Le procès s’ouvre ce lundi 10 août à Las Vegas où est attendu Duane «Keffe D» Davis à la barre. Le suspect de 63 ans est accusé d’avoir organisé la fusillade contre Tupac, survenue le 7 septembre 1996, sur la route de Flamingo à Las Vegas, alors que le rappeur se trouvait à bord d’une voiture.

L’interprète de «California Love» a reçu quatre balles, à la poitrine, à l’abdomen, au bassin et à la cuisse et a succombé à ses blessures six jours plus tard. Environ 14.000 documents ont été épluchés pour ce procès censé durer un mois.

Trente ans après les faits, l’objectif n’est plus vraiment d’identifier celui qui a pressé la détente (l’arme n’a jamais été retrouvée) mais plutôt de trouver celui à l’origine de la préméditation du meurtre. Les juges espèrent pouvoir soutirer des informations à Duane «Keffe D» Davis, soupçonné d’avoir été aux manettes du meurtre. Premièrement parce qu’il s’agit d’une des seules personnes présentes sur les lieux ce soir-là à être encore en vie, indique Associated Press. Mais aussi parce qu’il se serait trouvé à bord de la Cadillac d’où auraient été tirés les coups de feu.

De nouvelles révélations tirées d’un livre…

Les autorités ne l’auraient pas questionné si le suspect n’avait pas quelque peu vendu la mèche dans un livre choc. En 2019, il co-écrit avec Yusuf Jah «Compton Street Legend», un témoignage sur l’assassinat de Tupac. Il y écrit avoir été présent au moment des faits et avoir fourni l’arme. Ajoutant : «Tupac a choisi le mauvais gars avec qui jouer». Le récit ne révèle pas l’auteur des faits mais a attiré l’attention des enquêteurs, qui ont décidé d’utiliser ces éléments dans le dossier. Duane «Keffe D» Davis a été arrêté en septembre 2023 pour «meurtre au premier degré», mais a plaidé non coupable.

Duane «Keffe D» Davis est rapidement revenu sur les propos de son livre en le décrivant comme «rempli de mensonges». Il l’aurait publié pour récolter «un tas d’argent». Son avocat, Michael Sanft, convoque aussi l’argument selon lequel il est extrêmement difficile de prouver les parties réellement écrites par le suspect. Des accusations rejetées par la juge Carli Kierny, rappelant que l’accusé s’est vanté à plusieurs reprises lors d’interviews d’avoir écrit «la vérité».

En parallèle des révélations du livre, les juges vont aussi s’appuyer sur ses déclarations tenues lors d’une convocation policière en 2008, censée rester secrète mais dévoilée pour les besoins de l’affaire. Le suspect y aurait affirmé avoir commandité le meurtre.

Une rivalité entre labels

Les juges essayeront également pendant ce mois de procès de valider la théorie selon laquelle cet assassinat serait la conséquence d’une rivalité entre deux labels, Death Row Records, celui dans lequel se trouvait Tupac et Bad Boy Records, fondé par P. Diddy, où enregistrait notamment The Notorious B.I.G. Selon les juges, l’assassinat de Tupac aurait été planifié après que ce dernier ait passé à tabac le neveu de Duane «Keffe D» Davis. 

Des témoins sont également attendus comme Suge Knight, l’un des fondateurs de Death Row Records, présent dans la voiture au côté de Tupac, des membres de la famille du rappeur, Yusuf Jah, le co-auteur de «Compton Street Legend», Kirk Burrowes, un membre de Bad Boy Records et Rasheena Smith, la petite-amie du neveu du suspect au moment des faits.

Greg Kading attend ce moment depuis des années. « La justice va enfin pouvoir établir la vérité », soupire cet ancien inspecteur de la police de Los Angeles, aujourd’hui à la retraite.

Personne n’a jamais été condamné pour ce crime, l’un des plus célèbres cold cases de l’histoire américaine, devenu un objet de fascination et de multiples spéculations.

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