Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Promis pour prendre fin en février 2026, les délestages intenses au Togo sont encore d’actualité. Depuis plusieurs semaines, dans les villes du pays, les populations sont privées de l’énergie électrique durant plusieurs heures au quotidien. Quartiers résidentiels, boutiques, restaurants, bureaux: personne n’est épargné. Les plaintes se sont accumulées sur les réseaux sociaux, sans nouvelle réponse officielle pour l’heure pour éclairer les populations.
Cette nouvelle phase de délestage au Togo intervient alors le Nigeria a récemment dit être prêt à renforcer ses livraisons d’électricité vers Lomé. Cette annonce fait suite à des discussions tenues le 12 mars 2026 entre la CEET (Compagnie énergie électrique du Togo) et la Niger Delta Power Holding Company (NDPHC).
Actuellement, le Togo bénéficie déjà d’un approvisionnement d’environ 75 mégawatts en provenance du Nigeria, dans le cadre d’un accord bilatéral. L’opérateur nigérian envisage désormais d’augmenter ces volumes afin d’accompagner la croissance du réseau togolais. Notamment avec l’arrivée de nouveaux consommateurs dans les secteurs industriel et commercial.
Pour les autorités togolaises, cette perspective représente une opportunité pour renforcer la sécurité énergétique du pays dans un contexte marqué récemment par des perturbations du réseau. Ces tensions mettent en lumière les limites de la capacité actuelle de production et d’approvisionnement.
Cependant, du côté nigérian, toute augmentation des exportations reste soumise à certaines conditions. La NDPHC insiste sur la nécessité d’établir des accords commerciaux solides, incluant des garanties financières et des mécanismes de paiement fiables pour sécuriser les échanges.
À plus long terme, le défi pour le Togo sera d’équilibrer ces importations avec le développement de ses propres infrastructures énergétiques, afin de répondre durablement à une demande en constante progression.
Explications fournies par la CEET
Lors d’une sortie médiatique début février 2026, notamment sur TVT (Télévision togolaise), le Directeur général de la CEET, Débo-K’mba Barandao, avait tenté de rassurer les populations togolaises.
Selon la CEET, la situation du délestage résulte d’un cumul de facteurs. En primeur, des contraintes techniques sur les infrastructures nationales dont certaines sont actuellement en phase de maintenance. Ces travaux indispensables visent à garantir la sécurité des équipements à long terme, mais entraînent des interruptions ponctuelles.
À cela s’ajoute une demande en électricité en forte croissance, portée par l’urbanisation rapide de Lomé et l’expansion des activités économiques. Le réseau, conçu pour une autre époque, peine à absorber cette pression supplémentaire. Mais le facteur le plus critique reste l’approvisionnement extérieur, a expliqué la CEET. Le Directeur Général a reconnu un déficit de fourniture de la part des fournisseurs étrangers, aggravé par l’arrêt technique imprévu d’une Centrale de production nationale. Ce double coup de frein a creusé le déficit énergétique observé ces dernières semaines.
Depuis cette sortie de début février 2026 du patron de la CEET, plus aucune autorité togolaise n’a livré de nouvelles explications sur les causes de la survivance des délestages. Tous les ministères de tutelle du secteur de l’Energie sont aphones royalement sur le sujet. Un mutisme qui crée un grand malaise auprès d’un grand nombre de consommateurs de la CEET (que ce soient des citoyens togolais comme de simples résidents). Des exaspérations qui se déclinent de plus en plus sur les réseaux sociaux.
Mesures annoncées par la CEET
Pour atténuer les effets de la crise actuelle, la CEET avait annoncé plusieurs mesures. Des concertations ont été engagées avec les grands consommateurs industriels pour qu’ils réduisent temporairement leur consommation. Les entreprises disposant de groupes électrogènes ou de sources d’énergie autonomes ont été encouragées à les activer, afin de préserver l’alimentation des ménages.
Les équipes techniques ont par ailleurs été renforcées sur l’ensemble du territoire national. La CEET a réaffirmé son objectif stratégique: atteindre la couverture universelle en électricité d’ici 2030, une projection soutenue par des investissements dans les énergies renouvelables (Centrale solaire de Blitta, mini-réseaux ruraux), et un partenariat signé fin 2024 pour l’exploration de micro-réacteurs nucléaires.
À court terme, les perturbations pourraient se poursuivre le temps que les travaux de maintenance s’achèvent et que les négociations avec les fournisseurs extérieurs aboutissent. La CEET a ainsi promis un retour à la normale, sans fournir de calendrier précis.
Pour l’heure, les populations devront encore composer avec les délestages. Une situation qui impacte les entrepreneurs, petits opérateurs et ménages modestes, ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un groupe électrogène ou des énergies alternatives comme le solaire.
V. A.



