Kampala (© 2026 Afriquinfos)- Kizza Besigye, figure de l’opposition ougandaise et actuellement incarcéré, se trouve dans un état de santé « critique« , selon son épouse et son parti politique. L’homme âgé de 69 ans, a été renvoyé en prison dans la nuit du lundi à mardi, après une courte hospitalisation pour déshydratation sévère. Son épouse accuse le président Museveni de vouloir le voir mourir derrière les barreaux.
L’opposant ougandais Kizza Besigye, figure emblématique de la lutte contre le pouvoir en place depuis des décennies, se retrouve à nouveau derrière les barreaux après une courte période d’hospitalisation. Cette situation alarmante, survenue en pleine actualité politique tendue, ravive les craintes pour sa santé et soulève des questions sur les conditions de sa détention prolongée.
Depuis son enlèvement spectaculaire en novembre 2024 au Kenya, Kizza Besigye, n’a cessé d’être au cœur d’une controverse judiciaire et politique majeure en Ouganda. Ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, il avait rejoint l’opposition il y a plus de 25 ans, devenant l’un des adversaires les plus tenaces du régime en place depuis 1986.
Son retour en prison après seulement quelques heures d’hospitalisation pour déshydratation sévère a provoqué une vague d’indignation. Selon son épouse, Winnie Byanima, actuelle directrice exécutive d’Onusida, l’agence onusienne de lutte contre le sida, cette décision reflète une volonté délibérée de maintenir l’opposant dans un état de vulnérabilité extrême. Les symptômes décrits – tremblements, incapacité à marcher sans aide – illustrent la gravité de sa condition physique après des mois de détention.
Kizza Besigye n’est pas un inconnu sur la scène politique ougandaise. Médecin de formation, il a servi aux côtés de Yoweri Museveni durant la guerre de brousse qui a porté ce dernier au pouvoir en 1986. Leur relation s’est toutefois brisée lorsque Besigye a choisi de dénoncer ce qu’il considérait comme une dérive autoritaire du régime.
Depuis plus de deux décennies, il a multiplié les candidatures à la présidence, affrontant à chaque fois des obstacles majeurs : intimidations, arrestations et accusations diverses. Son engagement constant en fait une icône pour de nombreux Ougandais aspirant à un changement démocratique.
Cette nouvelle hospitalisation rappelle d’ailleurs un épisode précédent, en février de l’année passée, où une grève de la faim avait déjà nécessité une prise en charge médicale urgente. Ces incidents répétés soulignent les risques encourus par les figures d’opposition dans ce contexte.
L’arrestation de Kizza Besigye remonte à novembre 2024, lors d’un séjour au Kenya. Arrêté de manière inattendue, il a été ramené en Ouganda sans procédure formelle d’extradition apparente. Présenté initialement devant une cour martiale pour des accusations de trahison, son dossier a ensuite été transféré vers une juridiction civile en février suivant.
Les charges portent sur un prétendu complot visant à renverser le gouvernement par la force des armes. Besigye a boycotté l’ouverture de son procès en septembre, dénonçant un juge partial. Cette stratégie judiciaire est perçue par ses soutiens comme une tentative de museler une voix critique influente.
L’hospitalisation nocturne, suivie d’un retour rapide en cellule malgré un état fragile, interroge sur la priorité accordée à la santé des détenus politiques. Son épouse affirme que les autorités pénitentiaires ont agi précipitamment, sans égard pour les recommandations médicales.
L’épouse de Kizza Besigye, personnalité reconnue sur la scène internationale, n’a pas mâché ses mots. Elle accuse ouvertement le président et son entourage de vouloir voir l’opposant mourir en détention. Ces propos forts résonnent dans un pays où la liberté d’expression reste limitée pour les critiques du pouvoir.
Alors que l’Ouganda entame un nouveau chapitre sous la direction reconduite de Yoweri Museveni, l’avenir de figures comme Besigye reste incertain. Leur sort influencera sans doute la perception internationale du pays et la dynamique interne de l’opposition.
V.A.



