Madrid (© 2026 Afriquinfos)- La Roja a été sacrée Championne du monde pour la deuxième fois de son histoire. Un succès mené par une génération de jeunes joueurs dont Lamine Yamal et Nico Williams. Les deux pépites ayant des origines africaines illustrent la politique migratoire modérée de l’Espagne qui fait figure d’exception au sein de l’Union européenne. Le pays a lancé cette année 2026, un plan massif de régularisation qui devrait toucher plus d’un million d’étrangers en situation irrégulière.
Qui de mieux que Lamine Yamal pour parler d’intégration. Bien qu’il soit né en Espagne, le joueur du FC Barcelone a ses deux parents qui sont d’origine africaine. Son père Mounir Nasroui est Marocain et sa mère, Sheila Ebana est équato-guinéenne. Aussi, le jeune joueur se prononce souvent sur des polémiques liées à l’immigration. Pendant la Coupe du monde, l’une d’elle a été déclenchée par une chronique rédigée par Mariano Rajoy, ancien Premier ministre espagnol, sur les origines des joueurs français.
Avant la demi-finale France-Espagne, le vétéran de la droite espagnole s’était montré très critique envers les Bleus et l’origine d’une partie de ses joueurs. S’il a reconnu qu’il s’agissait d’une équipe de « très haut niveau », il a ajouté qu’elle était « sans Français ». Questionné sur le sujet, Lamine Yamal a défendu le rôle social du football comme outil d’intégration. « Si le football sert à quelque chose, c’est à unir, à intégrer, au niveau de la société. Et il n’y a pas meilleur exemple que le France et nous. Nous sommes des exemples d’intégration et le foot, c’est ça, pas de parler de ce qu’a dit une autre personne », a lâché le joueur du FC Barcelone, qui n’a pas voulu s’épancher davantage sur la sortie raciste de l’ancien politique.
Tout comme lui, des officiels espagnols ont dénoncé les déclarations de Mariano Rajoy qui a dirigé le gouvernement de 2011 à 2018. Le Premier ministre Pedro Sánchez avait réagi à la sortie de son prédécesseur. « Certains continuent de mesurer l’appartenance à un pays au nom de famille, au lieu de naissance ou à la couleur de peau. D’autres la mesurent à nos racines dans un pays et à notre volonté d’y contribuer. En jouant au football. En prenant soin de nos aînés. Ou en créant des entreprises. France, rendez-vous en demi-finale. Que le meilleur gagne, et que le racisme perde », a écrit le dirigeant.
Il faut dire que le gouvernement espagnol actuel est favorable à une politique d’accueil. Le gouvernement de gauche fait figure d’exception sur la question migratoire au sein de l’Union européenne (UE), à rebours du durcissement opéré par de nombreux pays. Plus d’un million de demandes de régularisation ont été déposées en Espagne par des étrangers en situation irrégulière dans le cadre d’un plan massif du gouvernement socialiste lancé à la mi-avril et qui s’est terminé fin juin 2026. « Nous voulons que le monde voie l’Espagne comme un pays qui respecte, protège et garantit les droits humains », a déclaré Pedro Sanchez vantant une « une décision bonne pour notre économie » tout en reconnaissant « les défis » liés à l’intégration. La campagne de régularisation « permettra à des centaines de milliers de personnes qui résident déjà dans notre pays, mais qui vivent dans la peur et sans droits, d’envisager l’avenir avec enthousiasme et espoir », a salué pour sa part la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz.
Grâce à ce plan, ce sont probablement de futurs Lamine Yamal ou Nico Williams qui pourro,t intégrer des académies de football et des années plus tard remporter des trophées majeurs pour la Roja.
Boniface T.



