AG 2026: Emmanuel Macron fait son aurevoir à la tribune onusienne en s’attaquant à l’impérialisme sous diverses formes!

Afriquinfos Editeur
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Emmanuel Macron à la tribune des Nations Unies ce 22 septembre (DR-Nexus)

New York (© 2026 Afriquinfos)- Pour la dernière fois de son second mandat, Emmanuel Macron s’est exprimé mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies. Ukraine, Gaza, climat, intelligence artificielle : le président français a appelé à défendre le multilatéralisme face au retour des rapports de force et de la « loi de la jungle ».

Après de nombreux chefs d’État, Emmanuel Macron a pris la parole mardi 22 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. Dans son discours, le Président a notamment abordé la guerre en Ukraine, la solution à deux États pour Israël, la Palestine, l’Afrique et l’intelligence artificielle.

Il a liré un plaidoyer en faveur du multilatéralisme et de l’ordre international fondé sur des règles.

Le Chef de l’État a articulé son discours autour de cinq principes : ne pas céder à la fatalité de la guerre, combattre les « doubles standards », éviter une fracture durable entre le Nord et le Sud, poursuivre l’action internationale en matière de climat et de biodiversité et organiser une réponse collective à l’essor de l’intelligence artificielle.

’Au Moyen-Orient, en Ukraine, en Afrique, l’industrialisation des crimes de guerre, des violations du droit et de la destruction des infrastructures civiles ouvre un nouvel âge de la barbarie. Aucun d’entre nous ne peut vouloir être celui qui démantèle le cadre protecteur des Conventions de Genève, alors que les attaques se multiplient de Dnipro à Gaza, de Bukavu à El-Fasher, avec la Jordanie et le CICR’’,a-t-il déclaré.

‘’Comme nombre d’entre nous l’avons dit souvent, c’est aussi parce qu’il n’y a pas de paix sans justice que la France continue d’apporter un soutien à la fois politique et opérationnel aux mécanismes internationaux de justice, d’enquête, de collecte des preuves, notamment les missions d’établissement des faits, et que nous continuons et continuerons d’appuyer la Cour internationale de justice et son rôle central. Nous ne pouvons pas accepter le nouvel ordre de l’impunité que certains voudraient bâtir’’, souligné le dirigeant.

’C’est aussi pour cela qu’au Conseil de sécurité, la France soutient les réformes qui garantissent son efficacité. Sur le format, bien sûr, nous devons l’ouvrir à de nouveaux membres, à de nouvelles régions du monde, à commencer par l’Afrique, mais aussi, sur le fond, le Conseil de sécurité doit pouvoir agir face à des violations massives du droit international’’.

Mais selon lui, il ne suffit pas de convoquer le droit et d’invoquer nos valeurs pour satisfaire les obligations auxquelles ‘’nous avons chacun consenti en rejoignant les Nations unies. Notre devoir, c’est l’action. La France y est prête, en coalition avec tous ceux qui veulent agir dans le respect des principes de la Charte et qui n’acceptent pas l’impuissance’’, a-t-il indiqué.

Une réunion de reconstitution du Fonds de paix de l’UA en novembre

En Afrique, ‘’nous portons une responsabilité collective face aux crises qui s’accumulent et aux réponses qui ne viennent pas’’. Au cœur des conflits, les opérations de paix doivent être plus efficaces, et pour cela, elles doivent disposer des moyens adéquats et s’inscrire dans une meilleure coordination entre les États-Unis et les États hôtes. ‘’J’évoquais déjà, en 2018, le rôle des organisations régionales et l’organisation d’une meilleure coordination entre celles-ci et les Nations unies’’.

’Lors du sommet Africa Forward à Nairobi, avec plus de 30 chefs d’État africains, puis au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, aux côtés de l’ONU, nous l’avons dit clairement : l’Union africaine et les organisations régionales doivent être en capacité de jouer pleinement leur rôle en matière de paix et de sécurité sur le continent’’, a souligné M. Macron, tout en rappelant l’organisation à Paris, en novembre, d’une réunion de reconstitution du Fonds de paix de l’Union africaine, en marge du Forum de Paris sur la paix. Il a ainsi appelé tous les contributeurs potentiels à y prendre des engagements forts et concrets. Ne pas céder donc, face aux guerres, nous réengager, chercher à bâtir, dans le respect de la Charte, des solutions.

D’après le dirigeant français, le deuxième principe, c’est de ne pas céder à la tentation permanente du double standard, car c’est celui qui divise notre planète et qui décrédibilise la cohérence de notre ordre international et de notre Charte. ‘’Combien de fois avons-nous entendu que la souveraineté des peuples était valable en Europe, mais que quand il s’agissait de regarder le Moyen-Orient ou l’Afrique, on pouvait bien s’en passer ?’’, s’est-il-interrogé avant de conclure :

’Non, nous devons défendre partout les mêmes principes et le faire dans le respect de la Charte, c’est-à-dire de la souveraineté de ces mêmes peuples, jamais en nous substituant à eux. Et à chaque fois que quelques États, parfois au nom même de l’ordre international, ont voulu se substituer aux peuples pour changer tel régime ou changer tel système, ils ont plongé ces États dans des chaos plus grands encore. Aucun double standard. Une vie égale une vie’’.

S’agissant de l’Intelligence artificielle, Emmanuel Macron a exhorté tous les États ‘’attachés à leur indépendance’’ à développer une intelligence artificielle (IA) alternative afin de ne dépendre ni des États-Unis, ni de la Chine.

Il faut que ‘’cette coalition des indépendants (…) qui ne veulent pas devenir les vassaux de l’un ou l’autre des deux grandes puissances mondiales – se mettent ensemble pour développer un modèle frontière open source (IA de pointe accessible à tous) en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition, en mutualisant leurs capacités d’investissement (pour créer une IA) que nous partagerions’’, a-t-il déclaré. ‘’Nous ne devons pas dépendre de l’un ou de l’autre’’.

Vignikpo Akpéné