Mali: L’ex PM Moussa Mara reste en détention pour « atteinte au crédit de l’Etat », vers un pourvoi

L'ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été condamné en appel, ce 09 février 2026, à Bamako, à deux ans de prison, dont un ferme, pour "atteinte au crédit de l'Etat et opposition à l'autorité légitime".

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Moussa-Mara, ancien-Premier ministre du Mali (DR-La Nouvelle Voix du Mali).
Moussa Mara, ancien-Premier ministre du Mali (DR-La Nouvelle Voix du Mali).

L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été condamné en appel, ce 09 février 2026, à Bamako, à deux ans de prison, dont un ferme, pour « atteinte au crédit de l’Etat et opposition à l’autorité légitime », après avoir apporté son soutien sur les réseaux sociaux à des « détenus d’opinion ».

Moussa Mara, qui fut Premier ministre du Mali pendant huit mois en 2014-2015, a été arrêté et écroué le 1er août 2025, après avoir affirmé sur les réseaux sociaux avoir rendu visite à des prisonniers, « détenus d’opinion », à qui il avait promis qu’un jour ils obtiendraient justice.

L'ancien Premier ministre malien Moussa Mara (c) à Bamako, le 21 février 2025.
L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara (c) à Bamako, le 21 février 2025.

La Cour d’appel de Bamako l’a condamné ce 09 février à deux ans de prison, dont un ferme, et à une amende de 500.000 francs CFA (762 euros). Cette peine vient confirmer sa condamnation en première instance, le 27 octobre 2025, par le Pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité.

« Nous n’allons pas baisser les bras », a réagi auprès de l’AFP Mountaga Tall, avocat de Moussa Mara, avant de poursuivre: « Nous allons nous concerter et nous pourvoir en cassation ».

Dans un communiqué publié ce 09 février, l’ONG Amnesty International s’est dite « profondément préoccupée par le maintien de ces accusations fallacieuses et motivées par des considérations politiques ». « Nous appelons les autorités à annuler cette condamnation et cette peine sans fondement, et à libérer immédiatement Moussa Mara », a déclaré Marceau Sivieude, Directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest.

Le Mali est dirigé depuis aout 2020 par une Transition militaire. Ces militaires ont pris des mesures répressives contre la presse et les voix critiques. Ils ont également dissous les partis politiques et des organisations à caractère politique. Depuis 2012, ce pays sahélien fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.

Cette crise sécuritaire s’ajoute à une crise économique. La Transition, dirigée par le général Assimi Goïta, s’était engagée à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024, mais a depuis manqué à cette promesse. En juillet 2025, le régime militaire de Bamako a accordé à M. Goïta un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable « autant de fois que nécessaire » et sans élection pour enrayer le péril terroriste.

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