Madagascar: Vérités crues du colonel Randrianirina sur les priorités de la Transition 

Il s’est également prononcé pour des poursuites, par la justice malgache, de l’influent homme d’affaires Maminiaina «Mamy» Ravatomanga, proche de l’ex-Président soupçonné de blanchiment d’argent par la justice de l’île Maurice, où il s’est réfugié après le coup d’État.

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Madagascar: Vérités crues du colonel Randrianirina sur les priorités de la Transition 
Colonel Randrianirina (DR, The Guardian).

Paris (© 2025 Afriquinfos)- Le colonel Michaël Randrianirina, à la tête de la Refondation de Madagascar, a une fois de plus décliné les priorités politiques du pays. Il ambitionne de renforcer la légitimité des institutions en réévaluant certains actes commis sous le précédent pouvoir. Et entend désormais préciser la ligne qu’il souhaite suivre.

S’exprimant dans un entretien sur France 24, le nouveau dirigeant a affirmé que l’ex Président Andry Rajoelina devra répondre devant la Justice malgache de faits qu’il juge graves. Il s’est également prononcé pour des poursuites, par la justice malgache, de l’influent homme d’affaires Maminiaina «Mamy» Ravatomanga, proche de l’ex-Président soupçonné de blanchiment d’argent par la justice de l’île Maurice, où il s’est réfugié après le coup d’État.

 «Notre souhait, c’est de le juger à Madagascar», a affirmé ce vendredi 5 décembre le colonel Michaël Randrianirina, évoquant le chef de l’État déchu, Andry Rajoelina. «Tout ce qui s’est passé à Madagascar [découle] des initiatives du président, des ordres du président, même les blessures par balle», a poursuivi celui qui a été investi « président de la refondation » le 17 octobre dernier, au cours d’un entretien accordé à nos confrères de France 24. «Ce sont des crimes qui pourraient faire l’objet de jugement et c’est tout à fait légitime pour les Malgaches de réclamer leurs droits».

Le colonel insiste par ailleurs sur sa volonté de traiter ces questions judiciaires dans un cadre entièrement national. Selon lui, un procès organisé à Madagascar marquerait un tournant dans la manière de régler les litiges liés à l’exercice du pouvoir. Il réaffirme que le pays doit gérer ses propres affaires et attend que l’ancien chef de l’État réponde devant les institutions compétentes.

En octobre, Madagascar a basculé après plusieurs semaines de manifestations alimentées par la dégradation des conditions de vie et une forte mobilisation de la jeunesse dans plusieurs villes. Le point de rupture est survenu le 11 octobre, lorsqu’une unité d’élite de l’armée, le CAPSAT, a refusé d’exécuter les ordres présidentiels et a rejoint les protestataires. Le lendemain, cette unité s’est proclamée détentrice du contrôle des forces armées, plongeant le pays dans une crise institutionnelle majeure.

Malgré un décret d’Andry Rajoelina dissolvant l’Assemblée nationale, les députés ont voté sa destitution quelques jours plus tard, l’accusant d’avoir abandonné ses responsabilités. L’armée a ensuite suspendu plusieurs institutions et installé le colonel Michaël Randrianirina à la tête de l’État, tandis que l’ancien président quittait le territoire, acte qui a confirmé la prise de pouvoir militaire et ouvert une période de transition dirigée par les nouvelles autorités.

Le processus de refondation annoncé par Randrianirina s’accompagne de la mise en place d’une concertation nationale dès le 10 décembre, destinée à rassembler différents acteurs afin de préparer un nouveau cadre politique. Il promet également des élections dans un délai pouvant atteindre deux ans, le temps de stabiliser les structures de l’État et de définir un calendrier électoral jugé réaliste.

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