Propulsé à la tête de Madagascar par une mutinerie de l’Armée ralliée à un soulèvement de la jeunesse, le colonel Michaël Randrianirina, opposant de longue date, s’apprête à devenir Président après avoir provoqué la chute d’Andry Rajoelina. Et prend d’ores et déjà ses marques bien particulières.

Le contingent du CAPSAT possède également un poids symbolique important. Cette division de l’Armée, principalement responsable de l’administration et de la logistique, a joué un rôle central dans le coup d’État de 2009 qui a permis la première accession au pouvoir d’Andry Rajoelina, ex Maire de la capitale malgache.
En mars 2009, des soldats stationnés dans la base du district de Soanierana, à environ six kilomètres du centre d’Antananarivo, s’étaient mutinés pour protester contre la répression par le Président de l’époque, Marc Ravalomanana, d’un mouvement d’opposition qui secouait le pays depuis trois mois. « La mutinerie dirigée par les colonels Charles Andrianasoavina et Lylison René de Rolland a bouleversé le rapport de force et conduit à la prise de pouvoir par Rajoelina« , a déclaré Mme Razakamaharavo (analyste et chercheuse).
Lylison René de Rolland (également accusé d' »atteinte à la sûreté de l’État » en 2017) se tenait aux côtés de Michaël Randrianirina samedi, 11 octobre, lorsque le CAPSAT s’est de nouveau mutiné. « Si le passé du CAPSAT reste controversé — héroïque pour certains, critiqué par d’autres —, il est aujourd’hui perçu comme un acteur central du mouvement de 2025 », a estimé Mme Razakamaharavo. Avant son investiture ce 17 octobre, Michaël Randrianirina a promis des élections dans 18 à 24 mois et a déclaré que la transition inclurait la restructuration des principales institutions.
Il a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas eu de coup d’État. « Un coup d’état, ce sont des militaires qui entrent dans le Palais présidentiel avec des armes, qui tirent, il y aurait des effusions de sang« , a-t-il déclaré à des journalistes ce 16 octobre 2025. Là, « on est dans un processus qui suit le cadre légal. On va travailler à fond maintenant et très rapidement pour ne pas décevoir le peuple« , a-t-il ajouté.
« C’est un moment crucial pour les Forces armées« , a souligné Mme Razakamaharavo. Selon l’analyste, c’est l’occasion de se poser en « dernier rempart » pour « l’équité et le renouveau national« , en garantissant « que toutes les voix soient entendues: celles des jeunes générations, de l’Opposition, et des citoyens des régions éloignées d’Antananarivo« .
© Afriquinfos & Agence France-Presse



