Algérie-Mali: Plus d’eau dans le gaz depuis ce 10 juillet sur les plans aérien et diplomatique grâce à cette décision d’Alger 

Afriquinfos Editeur
4 Min de Lecture
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune (DR)

Alger (© 2026 Afriquinfos)- Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé de réintégrer l’ambassadeur d’Algérie au Mali, avec effet immédiat, après plus d’un an de relations tendues entre les deux pays, a annoncé le ministère algérien des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi.

Selon lui, la décision de M. Tebboune traduit sa volonté constante et résolue de rétablir les relations algéro-maliennes dans leur trajectoire historique naturelle, fondée sur le respect mutuel, ainsi que sur des liens de fraternité et de coopération au service des intérêts des deux peuples et pays, de l’ensemble des pays de la région sahélo-saharienne et, plus largement, de tout le continent africain.

Plus tôt dans la journée, le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé la réouverture de l’espace aérien national aux aéronefs maliens. Cette décision autorise la reprise complète des vols à destination et en provenance du Mali via toutes les routes aériennes internationales, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le Mali a dans cette même veine, annoncé vendredi, le retour de son ambassadeur à Alger et la réouverture de son espace aérien aux appareils civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie. Alger a levé le même jour ses propres restrictions aériennes, ouvrant une nouvelle phase d’apaisement après plus d’un an de crise entre les deux voisins.

Le gouvernement de la Transition au Mali a franchi une étape importante dans le rétablissement des relations entre Bamako et Alger. Dans son communiqué n°2026-003, il présente ces décisions comme participant à la redynamisation des liens de coopération et d’amitié entre le Mali et la République algérienne démocratique et populaire.

La seconde décision porte sur la réouverture de l’espace aérien malien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de l’Algérie. Quelques heures plus tard, le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé la levée de la mesure équivalente appliquée au trafic aérien malien. Cette réciprocité met fin aux restrictions instaurées en avril 2025 et rétablit les conditions normales de circulation aérienne entre les deux territoires.

La portée du geste est d’autant plus significative que Bamako avait encore démenti, en février 2026, les informations annonçant un retour imminent de son ambassadeur à Alger. Les autorités maliennes affirmaient alors qu’aucune évolution officielle ne permettait de parler d’une normalisation. L’annonce du 10 juillet marque ainsi un changement diplomatique clairement assumé.

Cette évolution intervient après plus d’un an de relations tendues entre les deux pays, suite à un différend concernant un drone militaire malien abattu près de leur frontière dans la nuit du 31 mars 2025.

L’Algérie a abattu ce drone, invoquant une violation de son espace aérien, et fermé son espace aérien aux vols maliens. Les deux pays ont rappelé leurs ambassadeurs.

En septembre 2025, le Mali a porté plainte contre l’Algérie devant la Cour internationale de justice. Alger a rejeté cette plainte, la qualifiant de « sans fondement », et a maintenu que le drone avait violé son espace aérien et avait été intercepté légalement.

V.A.