Augustin Favereau livre une lecture holistique des relations Togo-France sur ces 4 dernières années

Afriquinfos Editeur
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Augustin Favereau (DR)

Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Les relations Franco-Togolaises étaient au cœur d’un entretien accordé par l’Ambassadeur de France au Togo à un média local. Augustin Favereau a ainsi  fait le point des relations actuelles entre Lomé et Paris et partagé sa vision de l’avenir des relations franco-togolaises.

Dès l’entame de ses propos, le diplomate a assuré que ‘’Le partenariat avec le Togo se renouvelle’’. ‘’Nous avons une histoire très ancienne, très dense, très forte, nous, entre Français et Togolais, et d’une manière générale, nous, Français, avec cette partie du continent africain. Et donc, déjà, je pense que notre partenariat, nous le rénovons, nous le faisons bouger aussi à la lumière de cette histoire dans ses aspects plus positifs comme dans ses aspects moins positifs’’, a-t-il souligné.

’Et c’est tout le travail qui a été mené avec beaucoup de sincérité, d’engagement depuis une dizaine d’années sous l’impulsion du Président de la République. L’idée, évidemment, c’est de renouveler les regards, les pratiques et les projets. Je vous donne un exemple. Aujourd’hui, c’est exactement ce que nous faisons ici au Togo. C’est tout le travail que nous menons sur l’éducation et la formation professionnelle. Pourquoi ? Parce qu’il suffit de regarder les chiffres. C’est un fait’’, a en outre expliqué M. Favereau.

S’appuyant sur la récente visite du ministre Noël Barraud au Togo comme une preuve justifiant les bonnes relations entre Paris et Lomé, l’Ambassadeur de France au Togo a qualifié cela de très importante, parce que précise-t-il, ‘’ça faisait 24 ans qu’un ministre français des Affaires étrangères ne s’était pas rendu au Togo, et ce qui était, comme l’a dit M. Barrot lui-même, plutôt une anomalie. Donc, ça a permis de remettre, d’une certaine manière, les pendules à l’heure. Et ça a été une visite très, très riche, qui a été extrêmement positive’’, a-t-il expliqué.

Selon M. Favereau trois points sont à retenir du séjour de M. Barrot à Lomé, notamment ce serait d’abord le travail mené ensemble sur la santé, avec la rénovation du CHU de Kara et de Lomé. Le deuxième, c’est tout le travail qui est mené sur les grandes infrastructures, et notamment tout ce qui concerne l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets.

Et enfin, l’opération très dynamique de décentralisation avec l’éclosion de communes, de conseils régionaux.

D’après M. Augustin Favereau, le ministre a pu lors de son séjour, valoriser aussi la richesse de la coopération franco-togolaise, qui se passe d’abord par les territoires, le territoire lui-même est élu du département des Yvelines et qui mène une coopération très riche avec la commune de Lac 1 à Néo. Maintenant, nous allons attaquer ou aborder la question sécuritaire au niveau régional.

’Vous savez, une visite d’un ministre français des Affaires étrangères dans un pays aussi important que le Togo, on traite de toutes les questions. Mais ce que je trouve, de numérique, on parle du lancement d’une école 42 à l’OME, on parle de la mise en place d’infrastructures de santé les plus modernes qu’il soit, on parle de coopération culturelle pour structurer des musées pour valoriser le patrimoine local, on parle des échanges, des mobilités étudiantes. C’est ça, le cœur de notre relation et le cœur de notre discussion’’, a-t-il laissé entendre.

Revenant sur le volet investissements, le diplomate a mis en exergue l’engagement de l’AFD avec ses partenaires publics et privés togolais. D’après lui, cette démarche constitue une certaine manière d’essayer de faire venir une certaine façon de concevoir l’économie, de concevoir le fonctionnement de l’économie, des entreprises, et faire en sorte qu’un certain nombre de principes, de durabilité, de responsabilité sociale et environnementale puissent faire partie de ce modèle de croissance, parce que c’est un modèle gagnant-gagnant, avec un point d’orgue : le soutien de l’AFD au secteur numérique.

’Le ministre Barrot a mis l’accent sur l’importance de la formation numérique au Togo, en lançant un projet d’école 42. Cela vise à former les futurs experts en technologie et intelligence artificielle’’, s’est-il également justifié.

La contribution de la coopération franco-togolaise dans le renforcement de la stabilité régionale

Sur cette ligne, ‘’Là, aussi, il y a eu une grande évolution qui a été portée par le Président Emmanuel Macron, et un mouvement de fonds de renouvellement qui va dans le sens de l’autonomie stratégique que vous évoquiez tout à l’heure, qui va dans le sens du partenariat équilibré. Et là, la France qui, jadis, pouvait avoir des bases militaires, aujourd’hui est dans une relation d’assistance et d’appui et de réponse aux besoins qui sont exprimés par les partenaires’’, a laissé entendre le diplomate.

La mise en place d’instituts, d’écoles, de formations sur les questions sécuritaires qui, aujourd’hui, ont vocation à être des outils au service de nos partenaires africains et dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant, et elle aussi extrêmement équilibrée. Il y a un certain nombre d’académies qui sont situées en Afrique de l’Ouest et qui, encore une fois, sont des projets de partenariat. Et notamment au Togo, l’École nationale de santé des armées de Lomé, qui est là pour former les médecins et les professions paramédicales.

’Aujourd’hui, la coopération sécuritaire de la France avec les pays d’Afrique et avec le Togo, c’est dans des domaines très spécifiques qui répondent aux besoins et à la volonté de nos partenaires, la mise à disposition de nos moyens. Et c’est dans ce sens-là que ça se passe’’, a également précisé M. Favereau.

Dans ce contexte, pour moi, la France est, je l’appelle aujourd’hui, le rôle du Togo comme acteur de stabilité dans la région ouest-africaine et même au-delà, nous allons aborder la question de la RDC dans une autre question, mais de façon globale.

S’agissant de l’appréciation que fait la France du Togo dans son rôle de médiateur dans les différentes crises sur le continent, l’ambassadeur de France déclare : ‘’D’abord, nous, on regarde l’histoire. On regarde l’histoire et ça a toujours été le cas du Togo. Le président Eyadema a toujours été extrêmement engagé comme médiateur. j’ai bien envie de dire que cette identité politique et géopolitique de médiateur est historique chez le Togo. Et donc, nous, la France, c’est comme ça qu’on perçoit le Togo. C’est cette capacité à construire des ponts et à regarder comment les relations peuvent être entretenues, nourries et parfois s’améliorer’’.

Et de poursuivre : ‘’Dans la région, dans la sous-région, bien sûr, mais même au-delà, vous avez cité les Grands Lacs, nous faisons pleinement confiance au Togo, nous faisons pleinement confiance au président du Conseil, pour justement aider à définir des nouveaux espaces de multilatéralisme, de négociation, de réflexion et évidemment de dialogue. Et c’est vrai ici dans la sous-région et c’est vrai particulièrement dans le cas de la médiation sur la crise entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, et la crise qui est généralement dans les Grands Lacs, où le président du Conseil mène au nom de l’Union africaine une médiation comme il le faut pleinement’’.

La France à travers la voix du diplomate s’engage à soutenir la résolution des crises en Afrique, en particulier au Togo, en collaborant avec des acteurs locaux pour favoriser la paix et la sécurité. Une médiation africaine est essentielle pour établir un dialogue constructif et durable dans la région.

Vignikpo Akpéné