Madagascar: Programme d’action de Michaël Randrianirina sur les 24 prochains mois

Afriquinfos Editeur
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Madagascar: Programme d'action de Michaël Randrianirina sur les 24 prochains mois
Le colonel Michael Randrianirina (C), chef de l'unité CAPSAT qui a pris le pouvoir à Madagascar, devant le Palais présidentiel, le 14 octobre 2025 à Antananarivo.

Propulsé à la tête de Madagascar par une mutinerie de l’Armée ralliée à un soulèvement de la jeunesse, le colonel Michaël Randrianirina, opposant de longue date, s’apprête à devenir Président après avoir provoqué la chute du Président Andry Rajoelina.

Ce colonel de 51 ans s’est retrouvé sous les feux des projecteurs ce 12 octobre en tant que chef du contingent rebelle du CAPSAT, déclarant dans une vidéo qu’ils allaient « refuser les ordres de tirer » sur les manifestants anti-gouvernementaux. Cet événement a marqué un tournant dans un soulèvement mené par la jeunesse qui avait débuté le 25 septembre: Andry Rajoelina a fui le pays ce week-end-là, avant d’être destitué quelques jours plus tard pour abandon de poste par le Parlement.

Un manifestant brandit une pancarte critique du Président malgache et du Président français lors d'un rassemblement à Antananarivo le 14 octobre 2025.
Un manifestant brandit une pancarte critique du Président malgache et du Président français lors d’un rassemblement à Antananarivo le 14 octobre 2025.

D’une allure soignée, Michaël Randrianirina, qui doit être investi Président ce 17 octobre par la plus haute juridiction du pays (Haute Cour), s’est engagé à piloter une transition vers un pouvoir civil qui, selon lui, durerait moins de deux ans.

Des étudiants chantent l'hymne national en tenant des drapeaux malgaches avant de se rendre à un rassemblement de la Société civile, à l'Université Ankatso d'Antananarivo, le 13 octobre 2025.
Des étudiants chantent l’hymne national en tenant des drapeaux malgaches avant de se rendre à un rassemblement de la Société civile, à l’Université Ankatso d’Antananarivo, le 13 octobre 2025.

– « Homme de foi » –

Ancien Gouverneur du district d’Androy, dans le sud du pays, Michaël Randrianirina a été arrêté en novembre 2023, accusé d’avoir fomenté un coup d’État, peu avant les élections contestées qui ont reconduit Andry Rajoelina au pouvoir, après le boycott de l’Opposition. L’arrestation aurait été ordonnée par le général Richard Ravalomanana, un allié de M. Rajoelina et ancien président du Sénat, dont la destitution (dimanche, 12 octobre) faisait partie des exigences du mouvement de protestation. Placé en résidence surveillée avec son complice présumé, Thierry Rampanarivo, et détenu dans un hôpital militaire, Michaël Randrianirina a été condamné début 2024 à une peine d’un an de prison avec sursis pour « atteinte à la sûreté de l’État« .

« On est sorti au début du mois de février 2025 et on a repris le statut d’officier dans l’ombre », a confié Michaël Randrianirina. « Je n’avais pas de commandement« , a-t-il dit. « Je travaillais dans ma maison, je cuisinais, je jouais au foot« . Jusqu’à ce que Michaël Randrianirina et d’autres soldats du CAPSAT ne rompent les rangs pour dénoncer la répression violente de plus de deux semaines de manifestations menées par des jeunes.

Rejoignant des milliers de manifestants à Antananarivo le week-end écoulé, Michaël Randrianirina est devenu le visage militaire du mouvement qui a finalement forcé le départ d’Andry Rajoelina. « Son attitude courageuse […] ainsi que son image d’homme de foi issu de l’Église luthérienne ont renforcé sa légitimité« , a déclaré l’analyste et chercheuse Velomahanina Razakamaharavo. « Dans ce contexte, l’Armée a été perçue comme le dernier rempart contre la violence – l’institution capable de stopper la répression et de rétablir l’ordre », a-t-elle ajouté.

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