Rajoelina balayé par une contestation légitime, vers un new look politique sous le CAPSAT

Andry Rajoelina, en presque 16 ans de pouvoir, a raté de satisfaire la grande masse de ses compatriotes dans divers domaines.

Afriquinfos Editeur
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Un manifestant brandit une pancarte critique du Président malgache et du Président français lors d'un rassemblement à Antananarivo le 14 octobre 2025.
Un manifestant brandit une pancarte critique du Président malgache et du Président français lors d'un rassemblement à Antananarivo le 14 octobre 2025.

Les militaires du CAPSAT ont affirmé ce 14 octobre « prendre le pouvoir », et ont acté de fait la fin de la présidence du contesté Andry Rajoelina, qui avait accédé une première fois au pouvoir par un coup d’Etat en 2009 dans des circonstances similaires. Andry Rajoelina, en près de 16 ans de pouvoir, a raté de satisfaire la grande masse de ses compatriotes dans divers domaines.

Des manifestants lors d'un rassemblement demandant la démission du Président malgache, le 14 octobre 2025 à Antananarivo.
Des manifestants lors d’un rassemblement demandant la démission du président malgache, le 14 octobre 2025 à Antananarivo.

La crise politique à Madagascar a tourné, avant ce changement de régime, au bras de fer institutionnel dans la journée du 14 octobre. Le Président malgache Andry Rajoelina, contesté dans la rue mais accroché au pouvoir, a tenté de dissoudre l’Assemblée Nationale avant un vote le visant pour abandon de poste.

Des milliers de Malgaches se rassemblent sur la célèbre Place du 13 mai, devant l’hôtel de ville, alors que le Président Andry Rajoelina dissout l’Assemblée Nationale, le 14 octobre 2025.

Fragilisé par le ralliement le week-end écoulé des militaires à la contestation ayant embrasé le pays et désormais réfugié dans un lieu inconnu, le Chef de l’État a écarté la veille toute démission, en appelant à « respecter la Constitution » lors de sa première apparition à l’écran depuis ce revirement. Élu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’Opposition, Andry Rajoelina était sous la menace d’un vote le visant pour « empêchement temporaire » qui nécessitait la majorité des deux tiers de l’Assemblée Nationale. Chose faite désormais.

« Conformément aux dispositions de l’article 60 de la Constitution, l’Assemblée Nationale est dissoute », a indiqué un décret diffusé sur la page Facebook de la Présidence dont l’authenticité a été confirmée par l’entourage du Président déchu. « Ce choix s’impose pour rétablir l’ordre au sein de notre nation et renforcer la démocratie », a-t-il justifié dans un message sur les réseaux sociaux dans la foulée.

Des députés de l’opposition assuraient avoir collecté suffisamment de signatures pour procéder à un vote lors d’une session extraordinaire ce 14 octobre. Session qu’ils justifient par une vacance du pouvoir, le Chef de l’État ayant, selon la radio française RFI, quitté le pays ce 12 octobre, à bord d’un avion militaire français.

Améliorer ce qui est jugé gâté, désuet

D’après la Constitution, les élections législatives doivent se tenir « soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après le prononcé de la dissolution » de l’Assemblée. L’incertitude gagne encore plus cette île de l’océan Indien où des milliers de manifestants se sont encore rassemblés ce mardi à Antananarivo. Comme depuis le 25 septembre, il s’agit de jeunes mobilisés par le collectif « Gen Z », désormais joints par des fonctionnaires appelés à la grève par plusieurs Syndicats et des protestataires de toutes générations.

Les pancartes anti-françaises ont aussi fleuri à Antananarivo. « Dégage la France », « Dégage Rajoelina et Macron » pouvait-on y lire. « Je ne confirme rien aujourd’hui« , avait répondu le Président français Emmanuel Macron la veille à une question sur l’exfiltration d’Andry Rajoelina, se disant préoccupé par la situation dans ce pays insulaire. Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de Gouvernements militaires de transition.

© Afriquinfos & Agence France-Presse