Accra (© Afriquinfos 2026)- Des dirigeants africains et caribéens ont exhorté vendredi les anciens pays pratiquant la traite négrière à présenter des excuses et à verser des réparations pour la traite des Africains réduits en esclavage, lors de la conférence mondiale sur la justice réparatrice qui s’est tenue à Accra du 17 au 19 juin 2026.
Baptisée «Next Steps», la rencontre d’Accra fait suite à une résolution historique de l’Organisation des Nations Unies (ONU) adoptée en mars, qui la qualifie de «crime le plus grave contre l’humanité». Elle a réuni des dirigeants mondiaux, des universitaires et des décideurs politiques. Pendant ces trois jours, les discussions ont été axées autour des prochaines étapes du mouvement mondial des réparations.
Organisée sous la direction du président John Dramani Mahama, en sa qualité de champion de l’Union africaine sur les réparations, la conférence «Next Steps», a publié une déclaration appelant les pays impliqués dans la traite négrière transatlantique à «présenter des excuses complètes, officielles et inconditionnelles, comme première étape fondamentale vers la réconciliation, l’instauration d’un climat de confiance et la justice réparatrice».
La résolution de l’ONU n’est pas contraignante, mais elle revêt une autorité morale. Les organisateurs ont déclaré que la conférence du Ghana visait à faire passer le débat sur les réparations de la reconnaissance à des mesures concrètes, notamment des initiatives visant à exiger des indemnisations en vertu du droit international.
Environ 12 millions d’Africains ont été enlevés de force par des marchands issus de pays européens entre le XVIe et le XIXe siècle, puis réduits en esclavage dans des plantations qui ont bâti leur richesse au prix de la misère.
Le Président ghanéen John Dramani Mahama a déclaré que la résolution de l’ONU avait créé une nouvelle opportunité pour un engagement significatif en faveur des réparations. Il a ajouté que les effets de l’esclavage continuaient de se faire sentir à travers l’Afrique, les Caraïbes et l’ensemble de la diaspora africaine.
«Nous sommes ici parce que la reconnaissance engendre une responsabilité, et parce que les conséquences durables de cette histoire continuent d’exiger un engagement international réfléchi, coordonné et soutenu», a lancé M. Mahama aux délégués de plus de 80 pays.
Lors d’un sommet sur les réparations organisé au Ghana en 2023, les participants ont proposé la création d’un Fonds mondial de réparation, sans toutefois préciser son mode de fonctionnement.
Les positions sur les réparations sont mitigées dans les pays qui y contribueraient.
Par exemple, les habitants des États-Unis voient la perspective de réparations de manière majoritairement négative. Une enquête du Pew Research Center menée en 2021 a révélé que seuls environ trois adultes américains sur dix estimaient que les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devraient être indemnisés d’une manière ou d’une autre, par exemple en recevant des terres ou de l’argent. Certains militants estiment que les réparations devraient inclure des versements financiers directs, mais aussi une aide au développement pour les pays concernés et la restitution des ressources colonisées.
V.A.



