Bissau (© 2025 Afriquinfos)- Cinq jours après le renversement du Président Umaro Sissoco Embaló, le dirigeant sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), était ce lundi 1er décembre 2025 à Bissau pour une mission d’urgence. Accompagné du président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray.
Cette visite fait suite à la suspension de la Guinée-Bissau de tous les organes décisionnels de la Cédéao après le putsch militaire.
‘’Aujourd’hui, je me suis rendu en Guinée-Bissau pour rencontrer les dirigeants militaires afin de discuter de la situation politique actuelle. En tant que président de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement, j’ai réaffirmé notre engagement ferme, tel qu’énoncé dans notre communiqué issu de la session extraordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO, à rétablir l’ordre constitutionnel.’’, a écrit le Président Julius Maada Bio dans un post sur X.
La Cédéao a lors des échanges exigé le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et la proclamation des résultats de la présidentielle du 23 novembre.
Maada Bio a été accueilli par le président de la transition, le général Horta N’Tam, qui dirige un processus d’un an et promet de lutter contre le narcotrafic. L’organisation ouest-africaine maintient la pression sur la junte et appelle les forces armées à regagner leurs casernes.
Depuis leur prise de pouvoir, les militaires dirigés par le général Horta N’Tam, à la tête du gouvernement provisoire, ont entrepris de rétablir leur autorité : interdiction des manifestations et grèves, réouverture forcée des institutions publiques et promesse de rétablir «l’ordre et la sécurité».
Face à la délégation ouest-africaine, les putschistes ont affirmé avoir agi pour « sauver le pays d’une crise politique imminente » et demandé une reconnaissance de leur rôle dans la stabilisation nationale.
Le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, João Bernardo Vieira, a salué la qualité des échanges avec la CEDEAO, affirmant que les militaires ont pu expliquer les raisons ayant motivé le coup d’État. Il a surtout insisté sur un point : ‘’La CEDEAO n’abandonnera pas la Guinée-Bissau en ce moment très difficile’’.
Les militaires ont proposé une transition d’un an, un délai qui sera soumis à la Conférence des Chefs d’État prévue le 14 décembre 2025, appelée à statuer sur son acceptabilité.
V. A.



